Au Secours!!!!
Un slogan n’est pas suffisant !
On nous disait hier « qu’il fallait résorber la fracture sociale » ! On nous a dit aujourd’hui « Travailler plus pour gagner plus ! » et en attendant qu’on nous dise demain « Aide toi, le gouvernement t’aidera ! » il faut tirer le signal d’alarme non pas de ces creux propos mais de leur terribles conséquences.
Il n’est pas vrai que la fracture sociale se soit résorbée parce que des Zones franches, ou sensibles, ou prioritaires ont été créées. Bien au contraire ! Les Zones ont enfermé les problèmes et si des associations n’avaient pas eu le réflexe de se mobiliser et d’organiser de multiples actions enrichissant le lien social, on y aurait vu émerger des murs, des guettos, des communautés, enfin…………….tout le contraire de la République.
Il n’est pas vrai non plus qu’en travaillant plus on puisse gagner plus ! Tout le monde le sait mais la phrase est si convenable et si percutante qu’elle empêche de voir le piège dans lequel nous sommes tous rentrés. Depuis cette année les femmes de nos quartiers qui voulaient travailler plus en apprenant le français se sont vues interdire l’entrée des écoles qui les accueillaient depuis plus de 20 années. Au moment même où le Parlement vote l’obligation de savoir parler français pour les étrangers qui voudraient devenir français, au nom de je ne sais quel règlement sécuritaire, l’entrée des écoles s'est en effet fermée comme une huître frileuse et craintive sur les femmes de l’association ADEFRAMS. Depuis vingt années, le règlement départemental des écoles parisiennes faisait des Directrices et des Directeurs les uniques responsables des locaux municipaux sur le temps scolaire. Ils avaient donc la liberté d’organiser au sein de leurs écoles toutes les activités qu’ils jugeaient valables pour le bien des habitants de la commune. Et c’est ainsi que depuis 1885, hormis la triste période de l’occupation, des centaines et des centaines de familles ont pu profiter de la chaleur, de l’intelligence, de l’accueil de l’Ecole Républicaine. Ce temps semble révolu et nous assistons aujourd’hui à la mise à la porte de toute une population fragile et avide d’apprendre, de ces lieux de culture et d’enseignement que sont nos écoles. L’Education nationale se tait et fait le mort ! La Ville supplante les directeurs et les directrices en leur dictant leur ligne de conduite. Cette situation me semble insupportable car elle ne correspond plus à la vocation de l’Ecole Libératrice, qui avait la mission d’apprendre et de transmettre la culture aux enfants de la République. Actuellement plus de 60 femmes sont à la porte de l’Ecole et recherchent un lieu d’accueil pour apprendre le français. La Mie de Pain, comme aux beaux jours de la Commune, a offert un local et il est bon de la remercier encore une fois. Des gestes de cette qualité sont à relever et montrent bien qu’une Société basée sur la Solidarité est une autre alternative à la société de compétitivité de type anglo-saxon qu’on nous mitonne aujourd’hui. Un Société basée sur la liberté de penser, sur l’égalité des traitements et sur la fraternité des peuples entre eux serait-elle une utopie ? Retroussons nos manches ! Il faut la reconstruire !
Alors demain, sera dit-on un autre jour ! C’est à nous, associations de montrer que nous désirons rester à égale distance de l’Economique, du Social et de l’Environnemental c’est à dire d’être à la proue d’un monde Durable et Solidaire. Et c’est la raison pour laquelle l’Association Rungis Brillat Peupliers dépose pour l’année 2008 un nouveau projet qui lui tient à cœur et qui lui permettra non seulement d’être en prise directe avec les besoins et les demandes des habitants mais également de faciliter la construction d’un futur Centre Social dont nos quartiers seront les premiers bénéficiaires.
Posté le: 28 octobre 2007
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