Spéléo Appliquée
La Spéléologie n’est pas une discipline anonyme exercée par quelques huluberlus dont la seule finalité serait de passer quelques heures sous terre le week-end et accessoirement de provoquer des accidents. Au contraire, c’est une passion connexe à de nombreuses disciplines scientifiques et qui a une réelle utilité publique. Cette volonté n’est pas nouvelle : Déjà Martel fut considéré comme un bienfaiteur de l’humanité pour avoir fait voter la loi de 1902 qui interdisait le jet de cadavres ou d’animaux malades au fond des gouffres.
Dans ce cadre, quelques actions de spéléologie appliquée réalisées par le Groupe Spéléologique de Mandeure
Pour le compte du Conseil Général
Dans le cadre d’une étude sur la protection du captage de la source issue de la grotte du Château aux Terres-De-Chaux en 1997, le Conseil Général a demandé au GSAM une topographie récente de la cavité ainsi qu’une description du fonctionnement des écoulements souterrains.
Pour le compte des communes de Chazot et Orve
De 1989 à 1991, un interclubs (GSB, GSML, GSAM) a réalisé 4 pompages dans le puits Fenoz à Chazot dans le but de comprendre le fonctionnement de cette perte et chercher des solutions pour limiter les crues centenaires qui noient les deux villages de Chazot et Orve. La résurgence étant la source Bleue à Cusance.
Le pompage de 3 siphons situés à 40 m de profondeur a permis d’explorer 650 m de galeries, de montrer que l’entrée est en partie bouchée par des objets charriés par les crues et surtout de découvrir une perte située dans le lit amont du ruisseau et obstruée par les riverains. A la demande des spéléologues, cette perte a été ré ouverte, busée et aménagée dans le but de provoquer un enfouissement rapide de l’eau et d’écrêter les vagues de crue.
Dans le même but et toujours à la demande des spéléologues, d’autres pertes ont été ouvertes beaucoup plus en amont sur la commune de Randevillers, car les eaux de ce secteur résurgent à la source Noire à Cusance en empruntant un parcours différent. Les spéléologues ont également conseillé pour la mise en place de grilles autonettoyantes sur les différentes pertes et au niveau du pont amont pour limiter l’obstruction des points d’absorption.
Des mesures réalisées par le S.R.A.E. en novembre 1991 ont corroboré les résultats.
Pour le compte de la commune de Villars/Les/Blamont
En février 1992, à la demande du maire, coloration des rejets de la station d’épuration du village pour vérifier la non pollution du captage d’eau de Blamont, ce qui a été prouvé. Une classe de 4em du collège de Mandeure a été associée à la réalisation du projet.
Pour le compte de la commune de Villars-Sous-Ecot
En 1992, à la demande du maire qui recherchait à diversifier l’approvisionnement en eau du village, un pompage de grande ampleur à été réalisé par le CTS (clubs GSB, GSML et GSAM). Au cours de ces travaux, environ 25 000 m3 d’eau furent évacués avec une estimation du débit de la résurgence, à cette époque de l’année, de 70 m3 à l’heure. A la suite de ce pompage qui fut déterminant, un forage a été réalisé suivi d’un captage.
Pour le compte de la commune de Mandeure
En 2004, nettoyage de la corniche du belvédère. Le GSAM porteur du projet, assisté par des associations et les services techniques de la commune, collecte les ordures qui s’entassent au pied du belvédère depuis de nombreuses années, dans une zone inaccessible aux véhicules. Tout sera remonté sur le plateau au moyen de deux tyroliennes.
En 2005, nettoyage et sondage du Trou de la Louvière situé dans une future zone constructible. Cette perte était régulièrement comblée par des déchets et des ordures. Assisté par les services techniques de la ville, la perte a été vidée de son contenu et le GSAM a réalisé une désobstruction. Il est envisagé d’y réalisé l’enfouissement des eaux du futur lotissement.
En 2006, le GSAM porteur du projet, aidé par des associations et des services techniques de la ville, réalise le nettoyage d’une partie du Doubs traversant la commune. Un bras mort de la rivière a été également nettoyé et recalibré pour devenir une zone de frai des poissons.
Pour le compte du SIVU de la vallée du Gland
Participation à la réalisation d’une exposition itinérante et d’une publication sur la vallée du gland pour la partie karst et circulation des eaux souterraines.
Pour le compte de la Sociètè SETEC (maître d’œuvre projet autoroute de la vallée de l’Arc - Maurienne)
Dans le cadre du projet de l’Autoroute A43 de la Maurienne, le GSAM a réalisé en 1995 trois missions d’exploration-désobstruction d’anciennes galeries minières (mine de charbon) dans le secteur des Sorderettes, en amont de Saint-Michel de Maurienne.
Ces reconnaissances nous ont été demandées par la société SETEC, Maître d’Oeuvre pour ce projet d’Autoroute de la Vallée de l’Arc entre Saint-Jean de Maurienne et le raccordement au tunnel du Fréjus (Modane). Le projet comprend en particulier le tunnel des Sorderettes (300 m) concerné par nos explorations.
Les missions successives du GSAM ont permis de retrouver plusieurs galeries correspondant aux exploitations Sorderettes n°1 et n°2 sur la Commune de St-Michel de Maurienne. Elles représentent un problème d’exécution du tunnel autoroutier des Sorderettes (A43), dont le tracé recoupe ces galeries. Des travaux spéciaux de consolidation et d’injection des vides et des remblais paraissent indispensables pour éviter tout risque d’effondrement.
L’action d’un groupe spéléologique sur le projet autoroutier et plus particulièrement dans la recherche d’anciennes galeries minières a permis d’éviter l’emploi de moyens lourds destructeurs aux abords de la N6, et de permettre d’appréhender au mieux les difficultés dues à la présence des anciennes exploitations minières sur le tracé du tunnel
Pour le compte du cabinet Clerget
La dérivation des crues du ruisseau du GOUR de BOUCLANS au moyen d’une « percée souterraine » de la cote de la VAITE réalisée en 1850 par les communes de DAMMARTIN et CHAMPLIVE permet d’évacuer les débits de crue du Gour vers le DOUBS évitant ainsi l’inondation de ces communes. Les débits ordinaires se perdent dans le karst et rejoignent à terme le Doubs.
Cette dérivation a fonctionné pendant plus d’un siècle sans problème majeur. Au cours des dix dernières années, la mise en charge de cet ouvrage lors d’événements hydrologiques intenses a provoqué la destruction de la maçonnerie obstruant des fenêtres réalisés lors de la construction de la galerie ; les débits dévalant la falaise ont entraîné le talus d’éboulis et d’anciens déblais miniers, créant deux importantes saignées qui déstabilisent à cet endroit le flanc rive gauche de la vallée du Doubs. Des dépôts se sont formés en lit mineur du Doubs.
Le Centre d’Etude Technique de l’équipement de CLERMONT FERRAND a rédigé un mémoire technique, préconisant une étude dont l’objectif est d’évaluer d’une part le risque de mouvement du terrain ; d’autre part d’établir des propositions d’aménagement.
En 2004, le cabinet CLERGET missionné par le service de l’Eau et des Risques Naturels de la DIREN Franche Comté, a fait appel au GSAM pour faire un relevé topographique (profil en long, profils en coupe tous les 20 m plus les profils singuliers) du tunnel de la dérivation du Gour.
Dans le cadre de la protection de l’environnement
Fosse n°2 de Montenois : 925,18 x 287,42 x 360
En 1996, un interclub composé du GSB, du GSAM et de GSML, pendant un week-end, a permis de vider entièrement la cavité des tonnes d’ordures qui s’y accumulaient (plusieurs carcasses de voiture, appareils électroménagers, verres, détritus, ossements, …) Les services techniques de la mairie se sont chargés ensuite du tri et du transport vers des sites agréés.
En 1992, le GSAM a proposé de poser une dalle en béton munie d’une porte d’accès sur le gouffre du Puits de la Charme à Mandeure. Situé près d’une route, ce petit gouffre recevait régulièrement des ordures et a défrayé la chronique avec le secours d’un imprudent descendu sur une corde lisse et la chute d’un sanglier.
Une petite exposition sur le site, suivie d’une coloration du gouffre a été organisée en présence des classes primaires de la commune. La mairie a fourni les matériaux et les spéléologues ont réalisés les travaux.
Dans le cadre du printemps de l’environnement, le GSAM a réalisé le nettoyage du Trou du Chien à Arcey, situé sur la rivière souterraine. Des déchets issus de la carrière voisine et de nombreux futs de 200 litres ont été remontés à la surface. La mairie a assuré le transport vers un site agréé.
Une décharge sauvage en bordure du chemin Surmont/Provenchère située dans la pente à l’aplomb de la Baume à Sancey-Le-Long, entraînée par les intempéries, venait polluée le porche d’entrée et le ruisseau.
En 2000, le GSAM a proposé aux maires de Surmont et de Sancey-Le-Long l’éradication de la décharge et le nettoyage des abords. Le projet a été médiatisé et une dizaine d’habitants des villages concernés sont venus aider les spéléologues.
Divers
Le GSAM a découvert un fragment de bois fossile dans le gouffre des Bruyères à Villars-Les-Blamont et a divulgué l’information. Cette observation a permis, en 1990, d’alimenter une thèse sur « les bois fossiles dans l’Est de la France » par un étudiant du laboratoire de paléobotanique et évolution des végétaux de l’université Claude Bernard à Lyon
En 2007, le GSAM a signalé à la DRAC la découverte fortuite d’un site préhistorique de l’age du fer.
Sauvetages canins
1992-1994 : 1 à Sancey-Le-Grand, 1 à Vandoncourt, 2 à Mandeure, 1 à Chaux les Clerval
2005 : 1 à Mandeure
2007 : 1 à Dampierre-Les-Bois
Quelques actions de spéléologie appliquée réalisées par le Comité Départemental de Spéléologie du Doubs
Pour le compte de la commune et de la société foncière de Bournois
La grotte de la Malatière, en raison de sa situation, de sa configuration et de ses spécificités est devenue une grotte école de réputation européenne parmi les plus visitées de l’est de la France. La prise de conscience de tous les problèmes liés à la forte fréquentation d’un réseau, avec les impératifs de protection que cela entraînent, des risques éventuellement encourus par les visiteurs ont conduit les spéléologues à l’élaboration d’une « convention de gestion » établie entre l’Association Foncière, la mairie de Bournois et le Comité Départemental de Spéléologie en juin 1996.
Un projet chiffré concernant « l’aménagement et la réhabilitation des grottes de Bournois » est ensuite monté dans le but de recueillir des subventions.
Ce projet reçoit un avis favorable de la commission des sites en 1997.
Fin 1998, un interclubs permet de régler les urgences, à savoir : L’information des usagers, le stationnement sur le site, la sécurité aux abords et à l’intérieur du gouffre et le nettoyage partiel du site.
En 2000, un nouveau interclubs a pour objectif : un nettoyage complet du site, l’ éradication des graffiti et le nettoyage des parois, la pose d’un panneau explicatif à l’extérieur et la création d’une réserve pour les chauves-souris.
En 2001, dans le cadre du printemps de l’environnement, une partie de la grotte a été éclairée en fixe et ouverte au public pour montrer le résultat de nos travaux.
Pour le compte de la société HOLCIM
En 2002, le CDS a répondu à l’enquête d’utilité publique pour l’agrandissement de la carrière d’Arcey. L’extension était prévue au dessus du parcours de la rivière souterraine et il y avait des risques d’atteindre les galeries, d’en provoquer le comblement avec en répercussion l’ennoiement de la combe située au niveau de la perte.
Une convention a été passée entre les communes riveraines, la société Holcim et les spéléologues.
La société Holcine a fait appel aux spéléologues pour un complément d’étude de la rivière souterraine comprenant : des mesures des débits, une cartographie complète de la cavité et des localisations de points remarquables.
La société Holcim a réalisé un forage a travers le carreau de la carrière jusqu'à la rivière souterraine pour passer les câbles électriques d’alimentation des pompes et permettre aux spéléologues de vider les siphons et de réaliser une exploration complète et précise.
Pour le compte de la commune de Sancey-Le-Long
Grotte de la Baume : 924,40 x 262,61 x 610
En 1999, la municipalité voulait interdire l’accès à cette cavité historique car l’échelle d’entrée en fixe était dégradée et devenait dangereuse. Un compromis a été trouvé avec le CDS. La première échelle en mauvais état a été démontée et ferraillée par les spéléologues et la deuxième échelle déplacée à la place de la première. Le ressaut final devenu libre a été équipé pour l’escalade artificielle au moyen de spits.
Divers
En 1994, le CDS est à l’origine d’une plainte pour une fouille clandestine dans un porche de cavité.
Autres thèmes à développer :
2 projets d’aménagement de cavité (Le Petit Siblot et la Baume des Crètes) ont été contrés en démontrant la non viabilité des projets et évitant, du coup, la formation de friches touristiques.
Posté le: 12 novembre 2008
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