Infos SCSP de Toronto
Le 14 juin 2006
Des chercheurs d'Edmonton
observent un ralentissement de l'évolution de la maladie
RÉSUMÉ
Une petite étude de phase II réalisée par des chercheurs de l'Université de l'Alberta a montré
qu'un médicament expérimental, le MBP8298, pouvait ralentir l'évolution de la sclérose en
plaques chez certains patients ayant une forme progressive de SP, porteurs de certains gènes
de la réponse immunitaire. Les résultats ont été publiés dans l'édition en ligne du 13 juin 2006
du European Journal of Neurology. Une vaste étude de phase III est présentement en cours.
DÉTAILS
Une étude de cinq ans menée par des chercheurs de l'Université de l'Alberta, les Drs Kenneth
Warren et Ingrid Catz, a montré que le médicament expérimental qu'ils avaient mis au point,
le MBP8298, avait permis de ralentir l'évolution de la sclérose en plaques chez un sous-
groupe de participants, comparé à un groupe témoin (ayant pris un placebo - substance
inactive). Les résultats ont été publiés dans l'édition en ligne du 13 juin 2006 du European
Journal of Neurology.
Au total, 32 personnes atteintes d'une forme progressive de SP (primaire ou secondaire) ont
reçu un médicament expérimental, le MBP8298, ou un placebo, par voie intraveineuse, tous
les six mois durant deux ans. Cette étude était à double insu, c'est-à-dire que ni les patients ni
les médecins ne savaient si la substance administrée était le médicament ou le placebo. Les
participants avaient une cote entre 3,0 (capacité de marcher sans aide) et 7,5 (peut faire
quelques pas, mais a besoin d'un fauteuil roulant pour circuler) sur l'EDSS (échelle élaborée
des incapacités). Dans l'ensemble, l'évolution de la SP dans le groupe traité par le MBP8298
n'était pas significativement différente de celle du groupe témoin (placebo). Mais à l'analyse
des gènes de la réponse immunitaire d'un sous-groupe de participants, les chercheurs ont
découvert que les porteurs des haplotypes HLA-DR2 et HLA-DR4 ont bénéficié de manière
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statistiquement significative du traitement par le MBP8298, comparativement aux témoins porteurs
des mêmes haplotypes. De 50 à 70 pour cent des personnes atteintes de SP sont porteuses
de ces haplotypes, alors que ce pourcentage se situe entre 20 et 30 pour cent dans la population
en général.
Au bout de 24 mois, la maladie n'avait pas évolué dans le sous-groupe traité, alors que plus de
la moitié du sous-groupe témoin avait vu leur état s'aggraver. Au terme d'un suivi ouvert (les
médecins et les patients savaient qui prenait le médicament) de cinq ans, le temps médian s'étant
écoulé avant le début de la progression était de 78 mois dans le sous-groupe traité,
comparativement à 18 mois, dans le sous-groupe témoin. L'aggravation de l'incapacité a été
mesurée à l'aide de l'EDSS. Par ailleurs, le MBP8298 a semblé sûr ; l'effet secondaire le plus
fréquent était une rougeur et une sensation de brûlure au point d'injection. Cet effet a été observé
dans les deux groupes.
Le MBP8298 est un peptide synthétique correspondant à une portion de la protéine basique de
la myéline (PBM), l'une des protéines qui constituent cette gaine protectrice essentielle des fibres
nerveuses du système nerveux central. On croit que cette séquence est la principale cible des
cellules immunitaires durant les poussées de SP. En administrant du MBP8298, les chercheurs
espèrent rendre sa tolérance au système immunitaire envers cet important constituant de la
myéline.
Les chercheurs ont également tenté de savoir si le MBP8298 supprimaient les anticorps anti-
PBM, afin d'évaluer le degré de tolérance immunitaire. Ils ont constaté une suppression des
anticorps chez la plupart des sujets traités, quoique ce phénomène ne fut pas annonciateur de
bienfaits cliniques.
« Bien ces données proviennent d'une étude de phase II, qui devront être confirmées au cours de
l'essai de phase III présentement en cours, elles sont porteuses de beaucoup d'espoir pour les
personnes atteintes de SP », souligne le Dr Mark Freedman, professeur de neurologie, à
l'Université d'Ottawa, et directeur de la Clinique de recherche sur la SP, à l'Hôpital Général
d'Ottawa. Il ajoute que les options de traitement de la forme progressive de SP demeurent
limitées.
Des responsables d'une étude clinique de phase II-III sur le MBP8298 dans le traitement de la
forme cyclique (poussées-rémissions) de SP recrutent présentement des participants au Canada,
au Royaume-Uni, au Danemark et en Suède. Environ 550 personnes recevront soit le MBP8298
soit un placebo, par voie intraveineuse, tous les six mois durant deux ans. Cette étude a été sub-
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ventionnée par BioMS, société de biotechnologie basée à Edmonton. Y participeront les
cliniques de SP listées ci-dessous (informations provenant de BioMS). Pour en apprendre
davantage sur cette étude, rendez-vous sur le site Web de BioMS : www.biomsmedical.com
(N.B. Les coordonnées des cliniques de SP sont également fournies sur le site Web de la Société
: www.mssociety.ca ; sous « Soutien et Services », cliquez sur « Cliniques », dans le menu de
gauche.)
Hôpital St. Michael - Recherche sur la SP
Toronto, ON
Coordination de l'étude : (416) 864-5834
Posté le: 29 juin 2006
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