Résumé des recherches au Canada sur la SEP
Résumés de
recherche 2006
En avril dernier, la Société canadienne de
la SP approuvait le versement de plus de
4,5 millions de dollars à 13 projets de
recherche et à un nombre record de
bourses de recherche destinées à inciter
les jeunes chercheurs à faire carrière
dans la SP.
Plus de 2,6 millions de dollars ont été
versés aux 13 projets de recherche,
300 000 $ à des bourses de
perfectionnement Dr Donald Paty, 594 500
$ à des bourses d’études postdoctorales
et 786 666 $ à des bourses de stagiaire
de recherche.« Les projets de recherche
comprennent les meilleures propositions
d’études fondamentales visant à trouver
des moyens de réparer les lésions du
cerveau et de la moelle épinière et à
prévenir les poussées de SP », déclare le
Dr William J. McIlroy, conseiller médical
de la Société de la SP.
« Il me fait particulièrement plaisir de
voir que nous décernons plus de 60
bourses d’études conçues pour attirer les
jeunes chercheurs et les inciter à
travailler à l’éradication de la SP. Notre
programme de bourses a plus que doublé
en moins de dix ans », ajoute-t-il.
Pour être subventionnés, les projets de
recherche et demandes de bourse doivent
satisfaire à deux critères essentiels : le
premier concerne l’excellence – ils
doivent s’avérer de la plus haute valeur
scientifique – et le second, tout aussi
important, concerne la pertinence – ils
doivent être en rapport direct avec la SP.
Seules les propositions répondant à ces
critères sont recommandées aux fins
d’approbation.
À la suite du processus d’examen
rigoureux des demandes, les projets
recommandés sont soumis au Comité
médical consultatif qui les passe une
dernière fois en revue. La dernière étape
consiste à présenter les recommandations
au Comité exécutif de la Société qui
basera sa décision sur les ressources
financières de la Société.
La Société de la SP et la Fondation pour
la recherche scientifique sur la SP
maintiendront leur engagement ferme à
soutenir la recherche, grâce au fidèle
appui de particuliers, de partenaires
d’affaires et des sections de la Société de
la SP.
La Société de la SP octroie un nombre sans
précédent de subventions et de bourses
Table des matières
Remyélinisation et neuroprotection 2
Rôle clé du système immunitaire 9
Pleins feux sur les virus 19
Principes régissant l’attribution de
subventions et de bourses 20
IRM : fenêtre sur la SP 20
Meilleure prise en charge de la SP 23
La collaboration porte fruit 25
Remyélinisation dans la SP 26
Étude coopérative canadienne 27
Greffe de moelle osseuse 28
La SP chez les enfants 29
Programmes visant à attirer l
es jeunes talents 30
Glossaire 35
Index 39
2
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
Remyélinisation et
neuroprotection
L’organisme utilise la
myéline pour propager
l’influx nerveux afin
d’employer le moins
d’espace et d’énergie
possible. Sans la
contribution de cette
substance protéinique
essentielle, la moelle
épinière humaine devrait compter
plusieurs mètres de largeur et
consommerait une quantité d’énergie
phénoménale pour faire son travail. Des
couches de myéline entourent les fibres
nerveuses (axones), formant ainsi une
gaine compacte. Or, en présence de SP,
cette gaine se détériore et les cellules
productrices de myéline ne parviennent
pas à la reconstituer aussi rapidement
qu’elle se dégrade. Les axones
démyélinisés ont alors de la difficulté à
transmettre leurs signaux, et leurs
lésions sont souvent irréversibles. Les
plaques caractéristiques de la SP
correspondent aux « cicatrices » laissées
par les poussées de SP.
La recherche sur la SP vise un seul but :
prévenir ou, à tout le moins, ralentir la
destruction de la myéline dans le
système nerveux central. Les chercheurs
tentent de comprendre les mécanismes
de production de la myéline par des
cellules spécialisées, ainsi que le
processus d’enroulement complexe des
cellules autour de l’axone. À ces fins, ils
utilisent diverses approches : cultures
cellulaires, étude de protéines et de
gènes, étude du modèle animal de la SP
et essais cliniques. Lorsque les processus
de croissance (myélinisation) et de
régénération (remyélinisation) de la
myéline seront mieux compris, nous
aurons accès à des traitements capables
de contrer les effets de la détérioration
de la myéline, dont les répercussions
sont profondes.
Guillermina Almazan, Ph.D., et
Walter Mushynski, Ph.D.
Université McGill
305 200 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2009)
Rôle des voies de signalisation MAPK
p38 (protéine kinase activée par un
mitogène) dans la myélinisation
La myéline est produite par
l’enroulement autour de l’axone de la
membrane de la cellule de Schwann dans
le système nerveux périphérique, et de
l’oligodendrocyte dans le système
nerveux central. La SP se caractérise
principalement par la formation de
grandes zones de détérioration de la
gaine de myéline. Les cellules
immunitaires qui s’attaquent à la myéline
provoquent une inflammation du tissu
cérébral, et la perte de fonction nerveuse
irréversible qui en découle correspond
exactement à l’étendue de la
détérioration des axones (fibres
nerveuses). Pour mieux comprendre les
interactions entre la myéline et les fibres
nerveuses, il convient de décrire
précisément la série d’événements et de
signaux qui font partie du processus
normal de myélinisation des fibres
nerveuses.
OLIGO
OLIGO
NEURONE
AXONE
Tissu cérébral
© Maya Chaddah
Les oligodendrocytes (OLIGO) entourent l’axone
de leurs membranes remplies de myéline, formant
ainsi la gaine de myéline.
Les Drs Almazan et Mushynski se penchent
sur certains des mécanismes moléculaires
en jeu dans le déclenchement du
processus de formation de la myéline et
dans le maintien de cette substance. Ils
utilisent des cultures mélangées de
neurones (cellules nerveuses) de
ganglions de la racine dorsale et y
ajoutent soit des cellules de Schwann ou
des oligodendrocytes. Ils ont identifié
p38, membre de la famille MAPK, comme
un des intervenants clés dans le
processus de myélinisation. Il existe
divers types de p38. L’un d’eux, le p38a,
régit la production de molécules
messagères (cytokines) impliquées dans
l’inflammation.
Les chercheurs espèrent identifier les
types de p38 qui pourraient servir à la
mise au point de nouveaux traitements
des maladies inflammatoires chroniques
comme la sclérose en plaques.
Joan Boggs, Ph.D.
Institut de recherche de l’Hôpital
pour enfants malades
Université de Toronto
311 744 $ (1er avril 2005 au
31 mars 2008)
Interactions entre, d’une part, les
oligodendrocytes et les protéines de
la gaine de myéline et, d’autre part,
le cytosquelette et les
glycosphingolipides
Les oligodendrocytes fabriquent la gaine
de myéline en enroulant leur membrane
externe, remplie de cette substance,
autour des fibres nerveuses (axones).
Cette gaine est semblable aux couches
qui entourent le centre d’un oignon, en
l’occurrence, l’axone. De nombreux types
de protéines, de lipides et de glycolipides
(composés de lipides et de sucre) font
partie intégrante de la gaine de myéline.
Chez les personnes ayant la SP, les
oligodendrocytes ne réussissent pas à
réparer complètement la gaine de
myéline lésée. Or, la manière la plus
efficace d’améliorer leur capacité à y
parvenir consiste probablement à étudier
la fonction des protéines et des
glycolipides à l’intérieur même de cette
gaine.
Dre Boggs croit qu’en se touchant dans
différentes couches de la gaine de
myéline, les glycolipides et les protéines
peuvent transmettre des signaux influant
sur l’intégrité de la fibre nerveuse et de la
myéline. Tirant parti des résultats d’une
étude antérieure subventionnée par la
Société de la SP, elle s’emploie à
reproduire un modèle de gaine
comprenant deux membranes remplies de
myéline qui se touchent dans lesquelles
des membranes artificielles contenant des
glycolipides et des protéines sont
ajoutées aux oligodendrocytes. Elle sera
ainsi en mesure d’étudier le
comportement des oligodendrocytes et de
décoder les signaux propres à leur
fonctionnement et à leurs
communications avec l’axone.
Les recherches de Dre Bogg pourraient
aboutir à la mise au point de traitements
novateurs visant à stimuler la
remyélinisation par le truchement des
oligodendrocytes et à prévenir la
détérioration axonale chez les personnes
aux prises avec la SP.
Peter Braun, Ph.D., et
Michel Gravel, Ph.D.
Université McGill
261 710 $ (1er avril 2005 au
31 mars 2007)
Structure biologique de la myéline :
rôle de la phosphodiestérase de
nucléotide cyclique (CNP ou CNPase)
La myélinisation comprend une série
complexe de phénomènes au cours
desquels les oligodendrocytes produisent
de la myéline, puis la projettent à partir
de leurs membranes en forme de voiles.
Les « voiles de myéline » s’enroulent
autour des fibres nerveuses (axones) de
nombreuses fois pour créer une gaine
protectrice qui optimise la conduction
nerveuse. Or, chez les personnes
atteintes de SP, la gaine de myéline est
détériorée et, pour une raison inconnue,
3
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
les oligodendrocytes sont inaptes à
remyéliniser complètement les axones.
Certains axones meurent, et ceux qui
subsistent semblent incapables de
fonctionner normalement. Les Drs Braun
et Gravel explorent le processus de
myélinisation dans le but de mieux
comprendre les processus de fabrication
et de maintien d’une myéline saine.
Leurs recherches sont axées sur une
enzyme intervenant dans la régulation
des protéines, la phosphodiestérase de
nucléotide cyclique (CNP ou CNPase).
Celle-ci pourrait jouer un rôle important
dans la myélinisation des axones. En
outre, lors d’études antérieures, les
chercheurs ont démontré que chez les
animaux dépourvus de cette enzyme, le
fonctionnement de l’axone s’altère. Leurs
récentes observations portent sur le rôle
qu’occuperait la CNP ou CNPase dans la
production de « voiles de myéline » par
les oligodendrocytes et le maintien du
fonctionnement de l’axone. Ils continuent
d’explorer la théorie selon laquelle la CNP
serait une protéine à fonctions multiples,
capable de lier un grand nombre de
protéines de l’oligodendrocyte et d’ARN
(acide ribonucléique) pour favoriser la
myélinisation.
Ces recherches pourraient faire de la CNP
ou CNPase un outil thérapeutique pour
améliorer la myélinisation chez les
personnes atteintes de SP.
Timothy Kennedy, Ph.D.
Université McGill
266 370 $ (1er avril 2005 au
31 mars 2008)
Fonction de la nétrine dans le
développement des interactions
axone oligodendrocyte
Les oligodendrocytes qui fabriquent la
myéline dans le système nerveux central
(SNC) sont détruits en présence de
maladies comme la sclérose en plaques
(SP). Il est impératif de mieux
comprendre comment ces cellules
importantes arrivent à maturité et
deviennent fonctionnelles si l’on veut
vaincre la SP. C’est dans cet esprit que le
Dr Kennedy étudie les mécanismes
régulateurs de la maturation et de la
fonction des oligodendrocytes, dans
l’espoir de trouver des moyens de
stimuler la remyélinisation.
Le Dr Kennedy a récemment présenté les
résultats d’une étude animale financée
par la Société de la SP. Ses travaux
montrent qu’une protéine appelée nétrine
1, substance chimique répulsive, pousse
les oligodendrocytes immatures à migrer
vers les axones dans le SNC
embryonnaire. Le récepteur de la nétrine
1, le DCC, joue également un rôle
indispensable dans ce processus. Le Dr
Kennedy a fait une découverte
surprenante : il a montré que la nétrine 1
et le DCC étaient fabriqués par des types
de neurone différents, mais également
par les oligodendrocytes matures et
fonctionnels du SNC adulte. Le Dr
Kennedy conclut de ses études post
mortem menées chez des sujets humains
atteints de sclérose en plaques que
l’excès de nétrine 1 associé aux lésions
de SP pourrait bloquer la remyélinisation
en empêchant les oligodendrocytes
immatures d’atteindre les axones lésés.
Si le Dr Kennedy trouve le moyen de
contrer les effets de la nétrine 1 et du
DCC dans les lésions de SP, il pourrait
aider les oligodendrocytes à atteindre les
axones démyélinisés et à entamer le
processus de réparation.
Rashmi Kothary, Ph.D.
Institut de recherche
en santé d’Ottawa
273 300 $ (1er avril 2005 au
31 mars 2008)
Voie de signalisation de l’intégrine
et myélinisation et démyélinisation
du SNC
Pour qu’un traitement de la SP soit
efficace, il doit non seulement empêcher
la détérioration de la myéline, mais
également stimuler les oligodendrocytes
pour qu’ils remyélinisent les nerfs lésés.
Les oligodendrocytes subissent de
4
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
nombreuses transformations avant de
devenir pleinement fonctionnels et
capables de myéliniser les axones. Il va
sans dire qu’une meilleure compréhension
de ce processus aidera les chercheurs à
concevoir des traitements plus efficaces
de la SP.
Grâce au soutien de la Société de la SP,
le Dr Kothary a déjà étudié les
mécanismes par lesquels les
oligodendrocytes myélinisent les fibres
nerveuses (axones), s’intéressant de plus
près aux intégrines, protéines qui
élaborent la membrane cellulaire de
l’oligodendrocyte. L’intégrine agit comme
une téléphoniste qui relaye les messages
destinés à l’oligodendrocyte et les
messages envoyés par celui-ci. Ces
signaux bidirectionnels ont une incidence
sur la manière et le moment choisis par
les oligodendrocytes pour commencer à
enrouler leur membrane riche en myéline
autour des axones. Le Dr Kothary étudie
la démyélinisation et la remyélinisation
chez des souris transgéniques auxquelles
des gènes ont été ajoutés pour induire la
fabrication de différents types d’intégrine.
Pour les besoins de ses travaux, il est en
train de mettre au point d’autres souris
transgéniques, dotées d’un gène qui
induit la fabrication d’ILK, protéine de
l’oligodendrocyte qui transporte le
message relayé par l’intégrine. Les souris
transgéniques porteuses du gène
intervenant dans la fabrication de la
protéine ILK aideront le chercheur dans
son étude sur le rôle de cette protéine
dans la myélinisation.
L’objectif à long terme de ses travaux est
de manipuler l’intégrine de façon à freiner
la destruction de la myéline et à stimuler
sa régénération chez les personnes
atteintes de SP.
Mario Moscarello, Ph.D., et
Fabrizio Mastronardi, Ph.D.
Hôpital pour enfants malades,
Toronto
203 570 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2008)
Démyélinisation et remyélinisation
dans la SP : rôle de la vitamine B12 et
méthylation
La SP se caractérise par la déperdition de
myéline autour des axones (fibres
nerveuses) et l’impossibilité pour les
oligodendrocytes (producteurs de
myéline) de remyéliniser les axones lésés.
Les études des Drs Moscarello et
Mastronardi sur ces deux sujets leur ont
permis de découvrir qu’une enzyme, la
PAD, altérait la protéine basique de la
myéline, entraînant la déstabilisation de
cette substance.
En cherchant une explication à ce
phénomène, ils ont constaté que le début
du gène de PAD comportait moins de
groupes chimiques appelés « groupes
méthyle » que la normale, ce qui signifie
que la production de PAD est accrue. Ils
essaient maintenant de voir si la vitamine
B12 peut augmenter le nombre de groupes
méthyle au début du gène. Leurs travaux
sur certaines molécules (sonic hedgehog
(hérisson sonique), Notch-1 et stathmin)
se poursuivent également. Jusqu’ici, les
chercheurs ont montré qu’une diminution
de sonic hedgehog et une augmentation
de Notch-1 et de stathmin empêchaient la
maturation des oligodendrocytes. Sans
oligodendrocytes matures, les axones
lésés ne peuvent être remyélinisés.
Au cours de la dernière période de
subvention obtenue de la Société de la
SP, les Drs Moscarello et Mastronardi ont
découvert que l’association de la vitamine
B12, d’une part, et de l’interféron bêta ou
de paclitaxel, d’autre part, atténuait de
manière spectaculaire les symptômes
cliniques de nombreux modèles animaux
de SP. À la lumière de leurs résultats, ils
ont recommandé d’intégrer de la vitamine
B12 au traitement de la SP.
5
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
Alan Peterson, Ph.D.
Université McGill
229 020 $ (1er avril 2004 au
31 mars 2006)
Régulation des gènes de
l’oligodendrocyte
Chez les personnes ayant la SP, les fibres
nerveuses cérébrales démyélinisées ne
sont pas souvent réparées, malgré la
présence d’oligodendrocytes (cellules
productrices de myéline) qui ont la
capacité de le faire. Le Dr Peterson
cherche une solution à ce problème par
l’étude des molécules contrôlant la
formation, le maintien et la réparation de
la myéline.
Les progrès de la technologie réalisés
depuis la dernière période de subvention
ont permis à l’équipe de chercheurs de
mieux centrer leurs efforts dans leur
étude sur la protéine basique de la
myéline (PBM). En comparant le génome
humain au génome murin (souris), ces
derniers ont découvert l’existence d’un
système régulateur, composé de plus de 1
000 séquences d’ADN (ordre relatif des
paires de bases), qui contrôle l’«
interrupteur » du gène de la PBM.
Curieusement, les parties de ce système
ne sont pas toutes utilisées également
dans le développement ou la maturation
du système nerveux. Par exemple, les
parties régulatrices contrôlant la
régénération de la myéline sont
différentes de celles qui participent au
développement du système nerveux. Avec
cette nouvelle subvention, les chercheurs
se pencheront sur les 1 000 séquences
d’ADN pour repérer les protéines
interagissantes, participant à la
production normale de la PBM.
La mise au point de nouveaux traitements
favorisant le maintien et la réparation de
la myéline devrait être possible, une fois
connus les mécanismes de contrôle
régulant la formation, le maintien et la
réparation de la myéline.
Christopher Power, M.D.
Université de Calgary
240 000 $ (1er avril 2003 au
31 mars 2006)
Régulation immunitaire facilitée par
le récepteur de la purine dans la SP
L’inflammation du système nerveux
central (SNC) dans la sclérose en plaques
entraîne une détérioration de la gaine de
myéline des fibres nerveuses et de ces
fibres elles-mêmes, ainsi que des
incapacités physiques chez les personnes
touchées. Le Dr Power s’attaque à ces
problèmes en étudiant le récepteur A1 de
l’adénosine qu’il a récemment associé à
l’inflammation cérébrale chez les
personnes atteintes de SP.
Des récepteurs Al de l’adénosine sont
présents à la surface des macrophages du
sang et du cerveau. Ils se lient à
l’adénosine, connue pour ses propriétés
protectrices contre certaines maladies
neurologiques. Les précédents travaux du
Dr Power ont montré que le nombre et le
niveau de fonctionnement des récepteurs
A1 de l’adénosine étaient inférieurs à la
normale chez les personnes atteintes de
SP. Il tente actuellement de comprendre
la relation entre la détérioration observée
dans la SP et la diminution du nombre de
récepteurs A1 de l’adénosine. Son étude
portera sur des souris dépourvues de
récepteurs A1 de l’adénosine, ainsi que
sur des échantillons de sang et de tissu
cérébral de personnes atteintes de SP.
Elle devrait lui permettre de voir si la
détérioration causée par la SP est liée à
la diminution du nombre de récepteurs A1
de l’adénosine.
Ces recherches pourraient aboutir à
l’élaboration de nouveaux traitements
capables de tirer profit de l’effet
protecteur des récepteurs A1 de
l’adénosine. De tels traitements
pourraient en définitive atténuer la
détérioration causée par l’inflammation du
SNC chez les personnes atteintes de SP.
6
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
Stéphane Richard, Ph.D.
Institut de recherche Lady Davis,
Hôpital Général Juif, Montréal
295 830 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2009)
Rôle des protéines « quaking » dans
la physiologie de l’oligodendrocyte et
myélinisation
L’un des modèles animaux de la SP porte
le nom étrange de « quaking viable
mouse » (souris trembleuse). Ce nom
provient du fait que les souris chez qui
les protéines quaking sont défectueuses
se mettent à trembler peu après leur
naissance. L’équipe du Dr Richard a
montré que ces souris présentent
également des anomalies de la myéline.
Le chercheur poursuit son étude sur la
fonction des protéines quaking, afin
d’élucider leur rôle dans le
développement de la cellule productrice
de myéline, l’oligodendrocyte.
Le Dr Richard a réalisé d’immenses
progrès depuis l’obtention de sa première
subvention de la Société de la SP. Il a
publié deux importants articles
scientifiques sur les protéines quaking et
en prépare un autre. Dans l’un d’eux, il
présente des données uniques montrant
que les protéines quaking 6 et 7 peuvent
induire la différentiation et la maturation
des oligodendrocytes. Ceux-ci peuvent
être produits par des cellules parents
(précurseurs neuronaux) présentes dans
le cerveau et par des oligodendrocytes
immatures provenant de cultures
cellulaires.
Le renouvellement de la subvention du Dr
Richard lui permettra d’explorer plus
avant la capacité potentielle des protéines
quaking de favoriser la croissance des
oligodendrocytes. Ses travaux pourraient
fournir un moyen de réparer la myéline,
soit en stimulant la fonction des protéines
quaking 6 et 7.
Peter Stys, M.D.
Université d’Ottawa
165 668 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2008)
Mécanismes de formation sphéroïde
de l’axone
La SP est une maladie auto-immune dans
laquelle le système immunitaire s’attaque
par erreur au tissu cérébral. Le cerveau
est constitué de « câbles », appelés
axones, qui sont entourés d’une gaine
isolante, la myéline. L’axone a un rôle
critique : il assure la propagation de
l’influx nerveux dans le système nerveux
central. Suite à l’attaque du système
immunitaire, la myéline est détériorée et
des axones sont sectionnés. Cette
destruction axonale est peut-être la
caractéristique la plus importante de la
SP parce qu’une fois sectionnés, les
axones dégénèrent et disparaissent à
jamais du cerveau et de la moelle
épinière. Lorsqu’un certain nombre
d’axones est détruit, on observe une
dégradation progressive et irréversible de
la fonction cérébrale.
Avant d’être sectionnés, les axones se
gonflent selon un processus appelé «
formation sphéroïde ». Bien qu’on
observe ce phénomène au microscope
depuis plus de 150 ans, sa cause
demeure obscure. L’équipe du Dr Stys a
mis au point un modèle de tissu mimant
le gonflement de l’axone, de manière à
pouvoir observer le processus en temps
réel au moyen de microscopes à balayage
laser.
Grâce à cette technique unique, le Dr Stys
espère en apprendre davantage sur ce qui
déclenche le gonflement axonal et sur des
médicaments qui pourraient le contrer
chez les personnes atteintes de SP.
7
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
Valerie Anne Wallace, Ph.D.
Institut de recherche en santé
d’Ottawa
74 746 $ (1er avril 2004 au
31 mars 2006)
(Bénéficie également d’une subvention
des Instituts pour la recherche en santé
du Canada)
Rôle des morphogènes dérivés des
neurones dans le développement du
nerf optique
L’un des buts principaux du traitement de
la SP est de favoriser la formation de
nouvelle myéline (remyélinisation) sur les
lésions du système nerveux central. Chez
la majorité des personnes atteintes de SP,
ce processus de réparation essentiel n’est
jamais achevé et, à l’heure actuelle,
aucun traitement ne peut réparer
complètement les zones détériorées. Il
semble de plus en plus évident que les
morphogènes (stimulateurs de
croissance) peuvent favoriser les
communications intercellulaires qui
contribuent à une remyélinisation efficace
des fibres lésées.
La Dre Wallace scrute les communications
entre les axones et les astrocytes
(cellules de soutien) intervenant au cours
du développement du nerf optique chez le
rat. Les messages provenant des axones
stimulent le développement des
astrocytes, et la Dre Wallace est la
première à avoir montré qu’un
morphogène, le sonic hedgehog, sert
d’intermédiaire dans la transmission des
signaux. Il serait important de
comprendre comment cette substance
accomplit cela, étant donné que les
astrocytes jouent un rôle primordial dans
le processus de remyélinisation. En effet,
ils élaborent les protéines messagères qui
participent au développement des
oligodendrocytes (cellules assurant la
formation et le maintien de la myéline).
Des messages incomplets de la part des
astrocytes pourraient être à l’origine de la
piètre qualité de la remyélinisation des
axones. Le but à long terme de la Dre
Wallace est de décortiquer le
fonctionnement du sonic hedgehog,
d’identifier les cibles de ce morphogène et
de comprendre comment il parvient aux
neurones.
Une meilleure compréhension des
mécanismes par lesquels les
morphogènes favorisent les
communications entre les nerfs, les
astrocytes et les oligodendrocytes
pourrait déboucher sur de nouveaux
moyens de stimuler la remyélinisation des
fibres nerveuses détériorées par la SP.
V. Wee Yong, Ph.D.
Université de Calgary
352 500 $ (1er avril 2004 au
31 mars 2007)
Rôle bénéfique des
métalloprotéinases matricielles
dans la formation de la myéline
La gaine de myéline est formée par les
membranes longues, effilées et remplies
de myéline des oligodendrocytes. Si ce
processus vital pouvait être stimulé et si
la survie des oligodendrocytes pouvait
être assurée, la détérioration de la
myéline pourrait être arrêtée ou freinée
dans la SP. Le Dr Yong cherche des
moyens de favoriser la survie et le bon
fonctionnement des oligodendrocytes, et
se concentre sur les métalloprotéinases
matricielles (MMP). Les MMP sont tout
indiquées pour promouvoir la
régénération de la myéline, car elles
aident les oligodendrocytes à se
développer et à enrouler leurs
membranes remplies de myéline autour
des fibres nerveuses.
Dans des travaux subventionnés par la
Société de la SP au cours de la dernière
période de subvention, le Dr Yong a
découvert que les astrocytes (cellules de
soutien dans le cerveau) interagissent
directement avec des protéines à la
surface des oligodendrocytes, leur
envoyant des signaux qui favorisent leur
survie. Il a aussi montré que la MMP-9
est élaborée au site de la lésion au cours
de la régénération de la myéline chez la
souris, et que les niveaux de MMP-12
sont accrus dans les oligodendrocytes
8
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
humains, au stade d’extension des
prolongements. Chez certaines souris,
une diminution de MMP-9 et de MMP-12
nuit à la formation de la myéline. Le
renouvellement de cette subvention
permettra au Dr Yong d’approfondir
l’étude sur le rôle de la MMP-9 et de la
MMP-12 dans la formation de la myéline.
Certains traitements de la SP sont conçus
pour inhiber certaines MMP qui favorisent
la pénétration dans le cerveau de
lymphocytes à l’origine de l’inflammation
observée dans la SP. Le Dr Yong tentera
de voir si l’inhibition continue de l’activité
des MMP par de tels traitements a
vraiment des effets négatifs sur la
formation de la myéline à long terme.
Cette étude peut aboutir à de nouveaux
traitements à base de MMP qui aideraient
à réparer la gaine de myéline et à
favoriser le rétablissement des personnes
atteintes de SP.
Rôle clé du système
immunitaire
Les cellules du système
immunitaire sont
toujours prêtes à
défendre l’organisme
contre les envahisseurs
étrangers, tels les virus,
les bactéries, etc. On se
demande donc pourquoi,
dans la SP, elles tournent leurs armes
destructrices contre la myéline et les
cellules qui fabriquent cette substance.
Certains chercheurs croient que les
agents infectieux peuvent agir comme
catalyseurs et « déclencher » l’attaque du
système immunitaire chez les personnes
prédisposées à cette maladie. Les
chercheurs ont donné le nom « auto
immunité » au dérèglement du système
immunitaire qui l’amène à s’attaquer à
son hôte comme il s’attaquerait à un
agent infectieux.
Bien que les chercheurs ne cessent
d’approfondir leurs connaissances, il leur
reste encore beaucoup à apprendre sur
l’attaque immunitaire dans la sclérose en
plaques. Une grande partie de leurs
travaux tentent de définir le rôle des
leucocytes (cellules T, cellules B,
macrophages, mastocytes, etc.) dans le
processus d’inflammation entraîné par la
SP et de voir comment les
communications intercellulaires rompent
l’imperméabilité de la barrière hémato
encéphalique (BHE), permettant aux
leucocytes de pénétrer dans le cerveau.
Les études sur les traitements
immunitaires potentiels et existants qui
peuvent aider les cliniciens à adapter le
traitement aux différentes formes de SP
sont tout aussi importantes. À mesure
que les morceaux du casse-tête
immunologique de la SP seront mis en
place, les chercheurs seront de plus en
plus aptes à concevoir des traitements
novateurs propres à rétablir le bon
fonctionnement du système immunitaire.
Jack Antel, M.D.
Université McGill, Institut
Neurologique de Montréal
306 000 $ (1er avril 2004 au
31 mars 2007)
Réponse immunitaire générale dans
la sclérose en plaques et effets des
traitements
Dans la SP, la détérioration du système
nerveux central est causée par des
cellules immunitaires, appelées
lymphocytes, qui traversent les
membranes des vaisseaux sanguins et
pénètrent dans le cerveau en passant au
travers de la barrière sang-cerveau
(hémato-encéphalique - BHE). Constituée
de cellules endothéliales, cette barrière
habituellement étanche empêche ces
cellules de se faufiler jusqu’au cerveau.
Le Dr Antel a mis au point un modèle
expérimental de BHE pour voir comment
les dangereux lymphocytes parviennent à
la traverser.
Au cours de sa dernière période de
subvention, le Dr Antel a montré, à l’aide
de son modèle de BHE, que la microglie
9
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
(cellules immunitaires) produit des
facteurs favorisant l’étanchéité de la BHE.
Il a aussi constaté que les lymphocytes
des personnes chez qui la SP est active
traversaient la BHE plus rapidement que
ceux des personnes chez qui la SP était
inactive. Ses travaux actuels portent sur
les mécanismes par lesquels les
interactions entre les lymphocytes et les
cellules endothéliales de la BHE modifient
le fonctionnement de ces types de cellules
et favorisent la progression de la SP. Le
Dr Antel poursuit également ses
recherches sur l’interféron bêta et sur la
capacité de celui-ci à altérer les cellules T
qui, de leur côté, peuvent avoir des effets
positifs et des effets négatifs sur les
cellules endothéliales de la BHE.
Ces études devraient nous éclairer sur ce
qui permet aux lymphocytes de traverser
la BHE. Elles pourraient aussi aboutir à la
détermination des aspects particuliers des
interactions entre les lymphocytes et les
cellules endothéliales que pourraient
cibler de nouveaux traitements pour les
personnes atteintes de SP.
Jack Antel, M.D. et Amit Bar-Or, M.D.
Université McGill, Institut
Neurologique de Montréal
180 000 $ (1er avril 2004 au
31 mars 2006)
Étude sur la microglie en tant que
régulateur et effecteur de la réponse
immunitaire dans le système nerveux
central
La SP se manifeste généralement
d’emblée par une évolution cyclique
(poussées-rémissions), qui se transforme
avec le temps en une forme plus
progressive. Drs Antel et Bar-Or croient
que les cellules immunitaires d’avantgarde,
à savoir la microglie et les
monocytes, jouent un rôle de premier
plan dans chacune des phases de la
maladie. La microglie est formée de
cellules cérébrales constituant la première
ligne de défense contre les envahisseurs.
Les monocytes migrent du sang vers le
cerveau et sont présents dans les lésions
actives de SP. Ces deux types de cellules
« englobent » les débris cellulaires et
stimulent les réponses immunitaires. Les
chercheurs pensent que la microglie et les
monocytes contribuent à la détérioration
et à la réparation du tissu cérébral dans
la SP.
Pour leurs travaux, Drs Antel et Bar-Or se
servent de tissu du système nerveux
central humain comme source de
microglie. Les monocytes et d’autres
cellules immunitaires liés à la SP
proviennent du sang périphérique de
volontaires et de personnes atteintes de
SP, dont certaines suivent un traitement
immunomodulateur. Les chercheurs ont
créé des conditions semblables à celles de
la SP dans des cultures cellulaires pour
tester un certain nombre de processus
intervenant dans la progression de la
maladie. Ils tentent en tout premier lieu
de comprendre les effets sur la microglie
et sur les monocytes des signaux
provenant des cellules immunitaires, des
oligodendrocytes (cellules productrices de
myéline) et de la myéline. Ils étudieront
ensuite les mécanismes par lesquels les
récepteurs de la microglie et des
monocytes dirigent les réponses de ces
deux types de cellules.
Ces travaux devraient aboutir à une
meilleure compréhension de la SP et à
des traitements capables de contrer les
mécanismes de destruction de la
microglie et des monocytes et de stimuler
les mécanismes de réparation de ces
cellules.
10
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
Amit Bar-Or, M.D.
Université McGill, Institut
Neurologique de Montréal
44 679 $ (1er avril 2003 au
31 mars 2006)
(Bénéficie également d’une subvention
des Instituts pour la recherche en santé
du Canada)
Sous-classes de cellules B humaines :
propriétés de régulation immunitaire
et rôle dans la sclérose en plaques
La majeure partie de la recherche sur la
SP effectuée jusqu’ici a surtout porté sur
les mécanismes de détérioration du
système nerveux central par les cellules T
du système immunitaire. Il appert qu’un
autre type de cellules immunitaires, les
cellules B, jouent également un rôle dans
cette détérioration. Ces cellules protègent
habituellement l’organisme en fabriquant
des anticorps pour combattre l’infection.
Par contre, elles peuvent être très
nuisibles à certaines personnes atteintes
de SP.
Le Dr Bar-Or a récemment découvert que
les cellules B dites « à mémoire » (vie
longue), pouvaient amener les
lymphocytes T à fabriquer une grande
quantité d’anticorps. Il a aussi constaté
que le nombre de ce type particulier de
cellules B était plus élevé que la normale
dans la forme progressive de SP.
L’analyse d’échantillons de sang et de
liquide céphalo-rachidien de personnes
ayant la SP et de personnes bien
portantes lui permettra de voir lesquelles
sont le plus prédisposées à présenter ce
type de cellules B. Il tentera aussi de voir
si les cellules B à mémoire peuvent
fabriquer des anticorps contre la myéline
et comment elles activent les
lymphocytes T. Le Dr Bar-Or aimerait
aussi savoir comment ces cellules
parviennent à traverser la barrière
hémato-encéphalique (sang-cerveau).
Les travaux du Dr Bar-Or contribueront à
jeter les bases de nouveaux traitements
conçus spécialement pour les personnes
les plus sujettes au développement de
ces cellules B destructives.
Samuel David, Ph.D.
Université McGill, Montréal
239 921 $ (1er avril 2004 au
31 mars 2007)
Pathogenèse et traitement de
l’encéphalomyélite auto-immune
expérimentale chronique
La SP est une maladie inflammatoire du
système nerveux central (SNC), pouvant
entraîner une déperdition de myéline, une
perte sensorielle, voire la paralysie. Son
évolution varie d’une personne à l’autre
et peut prendre une forme cyclique
(poussées-rémissions) ou chronique
(progressive). Bien que de nombreux
facteurs puissent déclencher la SP chez
les personnes vulnérables, ceux qui
favorisent l’inflammation et la
détérioration de la myéline s’avèrent de
bons sujets d’étude. C’est pourquoi le Dr
David s’intéresse à l’enzyme PLA2 dont les
sous-produits peuvent détruire la myéline
et provoquer de l’inflammation.
Les travaux du Dr David ont porté sur des
souris qui développent une maladie
semblable à la SP : l’encéphalomyélite
auto-immune expérimentale (EAE). Il a
fait des progrès remarquables au cours
de sa dernière période de subvention par
la Société de la SP, montrant, en
particulier, que la concentration en PLA2
était accrue dans les lésions de la moelle
épinière dans la forme cyclique
(poussées-rémissions) de l’EAE. Il a aussi
découvert que les inhibiteurs chimiques
du PLA2 retardent l’apparition de la forme
cyclique (poussées-rémissions) de l’EAE
et en ralentissent la progression de
manière significative. Avec cette nouvelle
subvention de la Société de la SP, le Dr
David prévoit élargir son champ d’étude à
un modèle murin (souris) d’EAE
chronique. Les modifications relatives à
l’inflammation et à la détérioration
nerveuse dans la moelle épinière à divers
stades de l’EAE chronique seront
étudiées, de même que le rôle de la PLA2.
L’étude sur les souris atteintes d’EAE
aidera les chercheurs dans la conception
de nouveaux traitements basés, par
exemple, sur les inhibiteurs chimiques de
11
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
la PLA2, qui pourraient contrer
l’inflammation et la détérioration du tissu
cérébral chez les personnes présentant
une forme ou l’autre de SP.
Samuel David, Ph.D.
Université McGill, Montréal
84 186 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2008)
Rôles sélectifs de divers membres de
la famille de la phospholipase A2
dans l’encéphalomyélite allergique
expérimentale (EAE)
L’encéphalomyélite allergique
expérimentale (EAE) est un modèle
animal de SP très utilisé. Le Dr David a
montré qu’une enzyme appelée
phospholipase A2 (PLA2) jouait un rôle
important dans le déclenchement et la
progression de l’EAE chez la souris. Il a
identifié une substance inhibitrice qui
bloque cette enzyme et réduit les risques
d’apparition et d’aggravation de l’EAE. Il
existe cependant divers types de PLA2
dont certains ont des fonctions normales
dans l’organisme. Malheureusement, la
substance inhibitrice bloque tous les
types de PLA2.
Le Dr David détient maintenant la preuve
d’une présence accrue de quatre des
quatorze types de PLA2 étudiés, dans la
moelle épinière et la rate des souris
atteintes d’EAE. Ses résultats
préliminaires montrent que ces quatre
types de PLA2 peuvent intervenir à divers
stades de l’EAE. Il collabore avec un
chercheur de la Grèce qui a mis au point
des inhibiteurs spécifiques de ces quatre
types de PLA2. Le présent projet de
recherche a pour but d’identifier les
cellules productrices de ces quatre types
de PLA2 dans les lésions d’EAE et de
définir leur rôle en les bloquant de
manière sélective au moyen des
inhibiteurs spécifiques.
Si ce but est atteint, le nouveau groupe
d’inhibiteurs pourrait être développé
davantage et faire l’objet d’essais dans le
traitement de la SP chez l’humain.
Katerina Dorovini-Zis, M.D.
Hôpital Général de Vancouver
292 890 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2009)
Interactions entre les lymphocytes et
les cellules endothéliales du cerveau
humain dans les maladies du SNC à
médiation immunitaire
Au cours de la SP, la barrière hématoencéphalique
(BHE – sang-cerveau) perd
de son étanchéité, laissant pénétrer des
cellules immunitaires destructrices dans le
cerveau. L’intérieur de tous les vaisseaux
sanguins de l’organisme, y compris ceux
de la BHE, est recouvert de cellules
endothéliales. Celles de la BHE du
cerveau sont les premières à entrer en
contact avec les cellules immunitaires
circulantes. Pour cette raison, la Dre
Dorovini-Zis avance que les interactions
entre ces types de cellules jouent
probablement un rôle important dans la
détérioration cérébrale caractéristique de
la SP.
12
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
Tissu cérébral
OLIGO
OLIGO
NEURONE
AXONE
CELLULE T
CELLULE T
CELLULE T
MONO
© Maya Chaddah
BARRIÈRE HÉMATO-ENCÉPHALIQUE
Les cellules T et les monocytes (MONO) pénètrent
dans le cerveau en se glissant entre les cellules
endothéliales qui tapissent la barrière hématoencéphalique.
La Dre Dorovini-Zis a franchi de grands
pas durant sa dernière période de
subvention de la Société de la SP. Elle a
publié sept articles scientifiques, et en
prépare plusieurs autres. Ces textes
abordent le rôle des cellules endothéliales
dans le processus qui porte les cellules
immunitaires à traverser la BHE. Forte de
toutes ses données, la chercheure va plus
loin et tente de voir si la cellule T du
système immunitaire (qui pénètre dans le
cerveau et y détériore la myéline) est
activée par les cellules endothéliales, à la
barrière hémato-encéphalique. Le modèle
artificiel de BHE qu’elle a créé demeure
son principal instrument d’observation des
interactions entre les cellules
endothéliales et les cellules immunitaires,
dans des conditions bien définies.
Ces travaux pourraient ouvrir la voie à
des traitements visant à rétablir la
fonction normale des cellules
endothéliales de la BHE chez les
personnes atteintes de SP.
Alexander Easton, M.B.B.S., Ph.D. et
Chunahi Hao, M.D. Ph.D.
Université de Dalhousie
129 343 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2008)
Modulation inflammatoire de la
barrière hémato-encéphalique par le
ligand de Fas et TRAIL
Au cours de la SP, la myéline subit
l’attaque de cellules T activées, cellules
du système immunitaire censées protéger
l’organisme. D’habitude, ces cellules ne
se trouvent pas dans le cerveau. Pour
qu’elles détériorent la myéline, elles
doivent quitter la circulation sanguine,
puis atteindre le cerveau en interagissant
avec les cellules endothéliales qui
tapissent les parois des vaisseaux
sanguins du cerveau. Celles-ci forment
une barrière (la barrière hématoencéphalique
– BHE) qui empêche la
pénétration dans le cerveau de cellules et
d’autres substances provenant de la
circulation sanguine. Durant la phase
inflammatoire de la SP, cette barrière
présente des brèches. Ceci attribuable en
partie à l’activité de messagers cellulaires
(cytokines), en particulier le facteur de
nécrose tumorale (FNT).
Les Drs Easton et Hao étudient deux
membres de la famille des FNT, le ligand
de Fas et TRAIL. Le rôle de ces facteurs
dans l’activation des cellules endothéliales
n’est pas encore précisé, mais les
chercheurs ont déjà découvert que le
ligand de Fas favorise l’activation des
cellules endothéliales du cerveau, tandis
que TRAIL inhibe ce processus. Dans les
modèles de BHE en culture cellulaire, le
ligand de Fas accroît la capacité
d’adhésion et la perméabilité du
lymphocyte T, tandis que TRAIL diminue
la perméabilité de cette cellule sans en
favoriser l’adhésion. Ce qui signifie que le
ligand de Fas pourrait faciliter le passage
des cellules T au travers de la BHE, et
que TRAIL pourrait le freiner.
Grâce à une nouvelle subvention de
fonctionnement, les chercheurs espèrent
confirmer leurs premiers résultats et
explorer les divers signaux en jeu. Si
TRAIL réduit l’inflammation, il pourrait
recéler un merveilleux potentiel
thérapeutique dans la SP.
Alyson Fournier, Ph.D., et
Amit Bar-Or, M.D.
Université McGill
219 740 $ (1er avril 2005 au
31 mars 2007)
Molécules inhibitrices de la myéline
et interface neuro immunitaire
Le passage de cellules immunitaires
activées au travers des cellules
endothéliales qui tapissent la barrière
hémato-encéphalique, la dégradation de
la myéline et la lésion des fibres
nerveuses (axones) sont caractéristiques
de la sclérose en plaques. La lésion
axonale est aujourd’hui reconnue comme
la cause principale de l’incapacité
neurologique permanente. Les travaux
des Drs Fournier et Bar-Or portent sur les
mécanismes qui entravent la régénération
axonale.
13
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
Lorsque la gaine de myéline est lésée par
la SP, plusieurs protéines myéliniques
normalement enfouies dans la gaine sont
à découvert. Ces protéines, dont la plus
puissante est appelée Nogo A, sont
connues pour inhiber la régénération
axonale. La protéine Nogo A se lie à son
récepteur (NgR) à la surface des axones
et entraîne leur dégénérescence.
Plusieurs études montrent que l’inhibition
de la protéine Nogo dans l’EAE, modèle
animal de la SP, s’est traduite par une
amélioration de la régénération axonale
et du fonctionnement des axones. La Dre
Fournier a récemment découvert que la
protéine Nogo A était présente à la
surface des cellules activées du système
immunitaire humain; elle a également
remarqué la présence du récepteur NgR à
la surface des cellules endothéliales
tapissant la barrière hémato-encéphalique
humaine. Elle et le Dr Bar-Or misent sur
ces observations pour comprendre le rôle
joué par la protéine Nogo A dans le
processus pathologique de la SP.
Les traitements qui découleront des
travaux sur la protéine Nogo A viseront à
optimiser la réparation axonale et à
ralentir la perte des capacités
fonctionnelles chez les personnes
atteintes de SP.
Sylvie Fournier, Ph.D.
Université McGill
181 264 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2008)
Mécanismes pathogènes dans le
modèle animal de la maladie
démyélinisante médiée par la cellule
T CD8+
La sclérose en plaques est une maladie
inflammatoire du système nerveux central
(cerveau et moelle épinière) dans laquelle
des cellules T du système immunitaire
jouent un rôle important. Il existe deux
grands types de cellules T : les CD4+ et
les CD8+. On a presque toujours associé
les CD4+ à la SP. Or, selon des études
récentes, les CD8+ pourraient également
contribuer au déclenchement et au
maintien du processus pathologique. Mais
on sait peu de choses sur les mécanismes
par lesquels ces cellules provoqueraient
de l’inflammation dans le système
nerveux.
La Dre Fournier a créé un nouveau modèle
animal de SP dans lequel les souris
développent spontanément une maladie
neurologique semblable à la SP chez
l’humain. La chercheure a montré que ce
modèle de SP est causé par l’activation
des cellules T CD8+ du système nerveux.
La poursuite de ses travaux dans ce
domaine devrait lui permettre de bien
comprendre les mécanismes par lesquels
les cellules CD8+ sont activées, puis
entraînent l’inflammation et la
détérioration du système nerveux.
Cette recherche approfondira les
connaissances sur la SP et pourrait
aboutir à l’élaboration de nouveaux
traitements qui empêcheront les cellules
T CD8+ de provoquer la détérioration
nerveuse dévastatrice observée dans la
SP.
Fabrizio Giuliani, M.D.
Université de l’Alberta
172 000 $ (1er avril 2006 au
31 mars 2008)
Rôle de l’inflammation dans le
processus neurodégénératif de la
sclérose en plaques
La SP évolue généralement par poussées
ou épisodes de troubles neurologiques.
Ces périodes sont suivies de rémissions
partielles ou complètes. La détérioration
de l’axone (fibre nerveuse) et du neurone
(cellule nerveuse) peut entraîner des
incapacités permanentes, et les lésions
sévères de l’axone pourraient même faire
évoluer la forme cyclique de SP
(poussées-rémissions) vers une forme
progressive secondaire.
On ignore toujours ce qui provoque la
détérioration des tissus dans la SP, mais
on sait que l’inflammation est
probablement en cause, étant donné que
la détérioration de l’axone est
proportionnelle à l’étendue de
14
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
l’inflammation à l’intérieur d’une lésion.
Le Dr Giuliani a montré que les neurones
humains étaient extrêmement vulnérables
à l’attaque des cellules T, cellules du
système immunitaire censées protéger
l’organisme. Ce chercheur scrute les
mécanismes à l’origine de l’inflammation
et de la détérioration du neurone et de
l’axone, causée par les cellules T et
d’autres cellules immunitaires.
Le Dr Giuliani se penche également sur
l’association de traitements antiinflammatoires
afin de mesurer leur
capacité de diminuer l’inflammation chez
les souris atteintes d’EAE, maladie
semblable à la SP. Ses résultats sont si
prometteurs qu’ils ont suscité la mise sur
pied d’un essai clinique de phase II
auquel participent 40 personnes atteintes
de SP, à l’Université de Calgary. Le but à
long terme de cet essai est d’élaborer des
traitements anti-inflammatoires capables
non seulement de réduire l’inflammation
dans les lésions de SP, mais aussi de
prévenir l’évolution de la forme cyclique
de SP vers une forme progressive.
Jennifer Gommerman, Ph.D.
Université de Toronto
218 039 $ (1er avril 2005 au
31 mars 2007)
Évaluation du rôle de la voie de la
lymphotoxine dans
l’encéphalomyélite allergique
expérimentale
Les lymphocytes sont des cellules du
système immunitaire qui combattent
l’infection. Dans la sclérose en plaques,
ils peuvent également se retourner contre
certaines parties du système nerveux
central (SNC). Pour pouvoir s’attaquer au
SNC, les lymphocytes doivent d’abord
être activés dans les noeuds
lymphatiques. Ils migrent ensuite vers le
SNC. Comprendre ce processus aidera les
chercheurs à mettre au point des
traitements plus efficaces pour contrer la
SP.
La Dre Gommerman étudie actuellement
un inhibiteur de la voie de la
lymphotoxine comme traitement potentiel
de la SP. La voie de la lymphotoxine
mobilise des cytokines et d’autres
molécules messagères qui interviennent
dans le système immunitaire mature et
en développement. Des études
antérieures ont montré que l’inhibiteur de
la voie de la lymphotoxine prévenait
l’encéphalomyélite allergique
expérimentale (EAE), maladie semblable
à la SP, chez le rongeur. Toutefois, les
rongeurs atteints d’EAE utilisés n’ont pas
permis de recueillir des données utiles sur
les lymphocytes qui détériorent le SNC.
La Dre Gommerman utilise un nouveau
type de souris EAE modifiées
génétiquement pour contracter une EAE
spontanée ou provoquée. Grâce à ce
modèle, elle sera en mesure de
déterminer le sort des lymphocytes qui
attaquent le SNC et d’étudier
parallèlement les inhibiteurs de la voie de
la lymphotoxine.
Ces renseignements permettront de
mieux comprendre les moyens par
lesquels les inhibiteurs de la
lymphotoxine préviennent l’EAE et de
savoir s’ils ont ou non une valeur
thérapeutique pour les personnes
atteintes de SP.
David George Haegert, M.D., et
Veerabhadra Gadag, Ph.D.
Université McGill
310 956 $ (1er avril 2005 au 31 mars
2008)
Homéostase de cellules T naïves
modifiées dans la sclérose en plaques
Chez les personnes non atteintes de SP,
la production des cellules T du système
immunitaire, qui se développent dans le
thymus, est parfaitement régulée. Les Drs
Haegert et Gadag s’appuient sur leurs
travaux récents, rendus possibles par une
subvention de la Société de la SP, pour
avancer que les personnes atteintes de
SP ont moins de cellules T que les autres.
Les cellules T sont normalement
15
Société canadienne de la sclérose en plaques - Résumés de recherche 2006
fabriquées dans la moelle osseuse et
migrent vers le thymus où elles
atteignent leur pleine maturité avant
d’être libérées dans le sang. La réduction
du nombre de cellules T chez les
personnes atteintes de SP pourrait
également être liée à d’autres anomalies
de la régulation des cellules T.
Les chercheurs ont isolé un marqueur qui
mesure le nombre de cellules T naïves
(inactivées) dérivées du thymus. Les Drs
Haegert et Gadag mettent à l’essai ce
marqueur chez les personnes atteintes de
SP cyclique et de SP progressive primaire,
mais aussi chez des personnes présentant
un syndrome démyélinisant cliniquement
isolé (un seul événement démyélinisant).
Ils étudient également les facteurs qui
influencent la régulation des cellules T
dans ces groupes.
Montrer qu’un nombre réduit de cellules T
dérivent du thymus chez les personnes
atteintes de SP serait important à trois
égards. D’abord, une anomalie dans la
production des cellules T pourrait
précéder le début de la SP et expliquer en
partie l’apparition de cette maladie chez
certaines personnes. Ensuite, recenser un
nombre plus faible de cellules T naïves
chez les personnes présentant des lésions
annonciatrices de SP (induites par un
événement démyélinisant isolé)
permettrait de dépister les personnes à
risque de SP.
Enfin, le marqueur de la production des
cellules T pourrait permettre d’identifier
les personnes présentant des lésions
annonciatrices de SP chez qui un
traitement précoce est requis pour
prévenir l’évolution vers une SP
cliniquement définie.
Stephen Karlik, Ph.D.
Université Western Ontario
217 956 $ (1er avril 2005 au 31 mars
2007)
Angiogenèse dans l’EAE chronique
L’inflammation chronique à l’extérieur du
système nerveux central est en partie
tributaire de l’angiogenèse, formation de
nouveaux vaisseaux sanguins à partir des
vaisseaux existants. Les néovaisseaux
ainsi formés sont comme une autoroute
le long de laquelle circulent les
nutriments et les cellules du système
immunitaire à destination des tissus pour
favoriser l’inflammation et provoquer des
lésions. On sait que l’angiogenèse joue un
rôle dans les maladies inflammatoires
comme la polyarthrite rhumatoïde et le
psoriasis, mais son rôle dans la SP
demeure inconnu.
Le Dr Karlik a récemment découvert un
phénomène d’angiogenèse dans la moelle
épinière de souris et de cobayes atteints
d’EAE, maladie semblable à la SP. Il a
observé une conce
Posté le: 25 décembre 2006
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