La SEP est-elle une maladie auto-immune ?
La sclérose en plaques est-elle une maladie auto-immune ?
Publié le 27/12/2006
La cause de la sclérose en plaques (SEP) reste obscure. Depuis de nombreuses années, cette affection est considérée comme une maladie auto-immune. Les arguments en faveur de cette hypothèse sont nombreux mais non définitifs. En particulier, i existe un modèle animal de SEP, l’encéphalomyélite aiguë allergique expérimentale déclenchée par immunisation avec la protéine basique de la myéline, mais chez les patients, il n’a toujours pas été isolé un auto-antigène cible de la réaction auto-immune.
Dans les autres maladies auto-immunes, il n’est pas rare d’observer la survenue dans la famille ou chez le patient d’autres affections auto-immunes. Ainsi, dans les pathologies thyroïdiennes, la prévalence des maladies de Crohn, du diabète de type I ou du psoriasis est plus importante dans la famille des malades que dans celles des sujets contrôles. Des données similaires ont été rapportées par certains auteurs dans la SEP. Une étude publiée récemment dans le Lancet Neurology confirme ce résultat et démontre l’implication du gène codant pour CTLA4, protéine lymphocytaire intervenant dans la régulation de la réponse immunitaire (cytotoxic lymphocyte T antigène 4).
184 familles avec au moins 2 personnes atteintes de SEP ont été incluses. Chaque cas-index de chaque famille a reçu un questionnaire avec 31 pathologies auto-immunes mentionnées. Ces patients devaient identifier les personnes de leur famille souffrant d’une des pathologies indiquées.
L’étude génétique a par ailleurs concerné deux autres bases de données de plus de 500 patients. Cette analyse a porté sur les gènes de CTLA 4, HLA DRB1 et PNT22 une autre protéine associée à des pathologies auto-immunes.
Dans la population ainsi interrogée, 26 % des cas-index présentaient une autre pathologie auto-immune et il existait dans 64 % des familles, des pathologies auto-immunes associées (le plus souvent thyroïdite d’Hashimoto, psoriasis ou maladies inflammatoires du colon). L’étude génétique a confirmé la différence entre ces deux catégories de patients et a montré que les malades des familles avec des affections auto-immunes multiples étaient plus fréquemment porteurs d’un polymorphisme CT60 du gène CTLA4 (p<0,02).
Pour les auteurs de ce travail, il existerait donc une hétérogénéité dans la SEP. La prédisposition aux maladies auto-immunes concernerait certaines familles de patients ayant une SEP avec une particularité génétique.
Dr Christian Geny
Posté le: 2 janvier 2007
Page : 1


