Fondation Charcot
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Le congrès annuel de l’ECTRIMS (European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis) s’est tenu à Madrid du 27 au 30 septembre.
L’information la plus marquante est incontestablement la réintroduction du Tysabri comme traitement de la SEP. On se souvient que ce traitement avait été retiré du marché après la découverte de deux cas de leucoencéphalopathie
multifocale progressive (LMP), dont un mortel, survenus chez des patients ayant reçu à la fois du Tysabri et de l’interféron. Après révision des dossiers, la FDA ( Food and Drug Administration) et l’EMEA ( European Medicines Agency) ont donc autorisé son utilisation, malgré qu’aucun mécanisme physiopathologique
évident n’ait été démontré pouvant expliquer ces deux complications graves. Le Tysabri ne peut cependant être prescrit que dans des cas de SEP
d’évolution rapide et n’ayant pas répondu aux autres traitements actuellement disponibles. Ce n’est donc pas un traitement de première intention. Son utilisation exige l’observation de consignes très strictes visant à dépister une éventuelle prédisposition
du patient à développer une LMP. En cas d’apparition de nouveaux signes
cliniques ou radiologiques pendant le traitement, celui-ci doit être interrompu jusqu’ à
ce que le diagnostic de LMP ait été exclu. En attendant une meilleure connaissance de la toxicité à long terme du Tysabri, ce nouveau médicament semble plutôt un traitement d’exception.
Par contre, les études cliniques avec un autre immunosuppresseur, le Fingolimod (FTY720), progressent et sont encourageantes. Parmi les nouvelles molécules actuellement en expérimentation clinique, le Fingolimod est incontestablement une des plus intéressantes et qui pourrait améliorer considérablement nos possibilités thérapeutiques d’ici quelques années.
Enfin, les firmes pharmaceutiques modifient le dosage des médicaments actuellement
disponibles ou perfectionnent les processus de fabrication pour améliorer leur efficacité et les rendre plus confortables pour les patients.
Les perspectives d’évolution des traitements sont donc prometteuses. Elles démontrent,
si besoin est, l’utilité de ces recherches et la raison d’être des organismes qui s’y
consacrent, tels la Fondation Charcot et son fondateur, le Groupe Belge d’Etude pour la Sclérose en Plaques qui fêtera en 2007 son 50ème anniversaire. A cette occasion, le GBESP, en collaboration avec la Société Belge de Neurologie, organisera à Bruxelles un symposium consacré aux acquisitions récentes en SEP.
Ce sera l’occasion privilégiée pour tous les chercheurs belges, de faire état de leurs travaux dans ce domaine.
Le Mot
du Président
Editeur responsable : I. Bloem - Av. Huart Hamoir, 48 - 1030 Bruxelles
NUMERO 20
novembre 2006
Dr. Richard E. Gonsette
Président
Fondation Charcot
Fondation d’utilité publique
Sous le Haut Patronage de S.M. la Reine Fabiola
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www.fondation-charcot.org
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Dernières informations concernant
le Fingolimod (FTY720)
Ce médicament présente l’avantage appréciable de pouvoir être administré en comprimés alors que jusqu’à présent tous les traitements se font par voie sous-cutanée, intramusculaire ou intraveineuse.
Le Fingolimod parait bien toléré, mais un cas de leucoencéphalopathie
postérieure régressive, se traduisant par une brusque cécité et dont la patiente a gardé une perte de vision dans le champ visuel droit, a été rapporté dans une série d’environ deux cent malades. Cette complication
s’observe avec d’autres immunosuppresseurs,
mais n’avait jamais été décrite chez des patients SEP ayant suivi ce genre de
traitement. La dose de 1.5 mg s’avère aussi efficace que celle de 5 mg et donne nettement moins de réactions secondaires.
Trois études phase III sont
programmées, les deux premières (l’une mondiale, l’autre réservée aux Etats-Unis) comparent des doses de 1.5 et 0.5 mg à un placebo
et la troisième à l’Avonex. Si la bonne tolérance se confirme, ce médicament pourrait être admi-
nistré en première intention,
dès le début de la maladie.
Avec un recul de deux ans, son efficacité sur les poussées s’avère remarquable, au moins deux fois supérieure à celle des interférons
et du Copaxone. Cette nette supériorité se confirme en ce qui concerne les lésions actives
à l’imagerie en résonance magnétique
(IRM).
Par contre, il n’est pas possible
de se faire une idée de son efficacité sur la progression du handicap étant donné que les patients sous placebo ont reçu la substance active après six mois pour des raisons éthiques. Il est en effet admis actuellement que l’inclusion d’un groupe de patients sous placebo est éthiquement
discutable lorsqu’il existe déjà un traitement dont l’efficacité est reconnue. Pour les études phases III avec le Fingolimod, la notion de placebo « volontaire » a donc été proposée. Ces patients, qui pour diverses raisons ne souhaitent
pas être traités, recevront donc un placebo pendant deux ans, recul suffisant pour apprécier l’effet sur le handicap. Le groupe placebo sachant qu’il ne reçoit pas de traitement actif, l’étude sera en simple aveugle car seuls les neurologues évaluant l’état des malades et les radiologues qui interpréteront les IRM ignoreront ce que les patients reçoivent.
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La sclérose en plaques est-elle plus fréquente qu’autrefois ?
Plusieurs publications font état d’une augmentation du nombre
de patients chez qui le diagnostic de SEP est posé chaque année (incidence).
Il est évident que nos moyens permettant d’établir le diagnostic
ont considérablement évolué fin du 20ème siècle, mais cela n’explique pas tout. Les épidémiologistes
sont d’accord sur le fait qu’il existe actuellement une augmentation progressive de la SEP à l’échelle mondiale, marquée par deux périodes de
progression plus rapide. La première
se situe dans les années 70-80 et s’explique par l’utilisation
de l’analyse des protéines du liquide céphalorachidien, permettant un diagnostic plus sûr et plus précoce. La courbe
a ensuite progressé de façon plus lente entre 1980 et 1990 et depuis lors marque à nouveau une nette accélération. Celle-ci est due au développement du
scanner et surtout de l’IRM qui nous permettent de poser le diagnostic très tôt (3 ans après le début de la maladie en moyenne).
Une autre observation inattendue est le fait que l’augmentation de l’incidence de la SEP touche
surtout les femmes. Au début du siècle, la SEP était plus fréquente
chez les hommes (H/F : 1.5).
Vers 1940, les deux sexes étaient à égalité et actuellement le rapport
initial s’est inversé, avec une prépondérance nette chez les femmes (F/H : 1.5). Cette augmentation préférentielle de l’incidence ainsi que des formes commençant à un âge avancé dans le sexe féminin vient d’être confirmée
au Danemark, pays possédant un des meilleurs registres SEP du monde. Les épidémiologistes
s’interrogent sur les causes possibles
de ce phénomène sans pouvoir
apporter de réponse précise. Aucun des changements de vie
survenus ces dernières décennies
ne paraissent impliqués. L’hypothèse actuelle serait un nouveau
facteur extérieur influençant négativement le système immunitaire
ou le génome féminin.
Quoique ce genre d’études soit actuellement très difficile en Belgique en l’absence de registre national des cas de SEP, il est très probable que ces phénomènes
concernent également notre pays.
Il faut toujours y croire....
Malgré la tourmente météorologique qui s’était abattue sur notre pays les jours
précédents, Madame Butterfly a véritablement enchanté le public
au château de La Hulpe le mardi 29 août au profit de la Fondation Charcot.
1500 personnes y ont cru et lorsque la pluie s’est enfin calmée, un quart d’heure
avant le début de la représentation, ces 1500 courageux sont tombés sous le charme
de Cio Cio San, interprété par la talentueuse Siheng Hi.
Une fois encore, la magie du plein air avait opéré ...sous un ciel étoilé.
Grâce à la générosité de l’asbl Idee Fixe, au soutien de la Banque Degroof,
à votre participation et aux nombreuses personnes qui nous ont aidé bénévolement,
le bénéfice de cette soirée va rejoindre les fonds destinés à la recherche.
Merci à tous ceux qui nous ont soutenus pour que cet évènement soit une réussite.
Nous vous attendons encore plus nombreux l’été prochain pour
un nouvel opéra en plein air au profit de la recherche en sclérose en plaque.
Améliorer l’efficacité
des immunomodulateurs
actuellement disponibles.
L’efficacité des immunomodulateurs
(interférons, Copaxone) dans la SEP est incontestable mais modeste. Quels que soient les médicaments, ils réduisent les poussées au mieux de 30%, ce qui veut dire qu’il faut traiter trois patients pour que l’un d’entre eux seulement réponde favorablement au traitement.
Pour obtenir une meilleure efficacité,
on peut augmenter la dose. Toutefois, il y a quelques années, une étude clinique avait montré que doubler la dose hebdomadaire
d’Avonex (2x30μg) n’apportait
aucune efficacité supplémentaire.
Plus récemment, il a été démontré par contre que la dose de 44μg de Rebif trois fois par semaine est plus efficace que celle de 22μg. Une augmentation de la dose au-delà de 44μg ne semble pas prévue. Il faut signaler qu’une nouvelle molécule de Rebif est actuellement à l’étude ne contenant
plus aucune trace de protéines
animales ou humaines. Cette nouvelle formule est nettement moins immunogène et la production
d’anticorps neutralisants (qui diminuent l’efficacité des interférons)
est fortement réduite. On relève également une importante diminution des réactions locales lors de l’injection du produit. Une étude est en cours, comparant les effets secondaires et l’efficacité de l’ancienne et de la nouvelle formulation.
En ce qui concerne le Betaferon, un essai portant sur environ 2000 patients est actuellement en cours comparant la dose
classique de 250μg avec une dose double (500μg) d’une part, et avec le Copaxone d’autre part. Des observations préliminaires indiquent
une tolérance excellente et les résultats seront connus fin 2007. Des cas individuels ont déjà été rapportés, montrant que des patients ne répondant plus à des doses de 250μg et ayant développé des anticorps neutralisants,
présentaient à nouveau une nette réduction des poussées et un arrêt de la progression du handicap dès qu’ils recevaient des doses de 500μg. Une observation intéressante concerne la diminution
simultanée et importante des anticorps neutralisants. Pour ce qui est du Copaxone, un essai clinique préliminaire utilisant une double dose (40mg/jour au lieu de 20mg) montre que l’efficacité sur les poussées est augmentée de 42% et le bénéfice sur les lésions actives à l’IRM de 38%, tout en gardant une tolérance équivalente.
Il est donc satisfaisant de voir que les firmes pharmaceutiques
continuent les recherches non seulement pour améliorer
l’efficacité des médicaments actuellement disponibles mais également pour rendre le
traitement plus confortable pour les malades.
Le venin d’abeille
Il existe des défenseurs du venin d’abeille pour traiter la SEP, particulièrement
aux Etats-Unis, mais également dans notre pays.
Une étude en « cross-over » a été réalisée chez 26 patients présentant des formes diverses de SEP. Dans ce genre d’étude, un premier groupe de patients est traité pendant 24 semaines, puis est suivi pendant 24 semaines également. Un second groupe de malades suit un schéma inverse : observation pendant 24 semaines puis traitement pendant le même laps de temps. Les abeilles sont posées sur la partie supérieure de la cuisse, trois fois par semaine, pour y injecter leur venin. On augmente le nombre de piqûres à chaque session, partant de 3 jusqu’à 20 maximum. Pour éviter le risque de réactions anaphylactiques
(état de choc), les patients subissent au préalable un test cutané avec un extrait de venin. De plus, ils doivent toujours avoir à leur disposition une seringue contenant de l’éphédrine pour traiter immédiatement un éventuel
état de choc. Cette étude a donc été réalisée non seulement dans des conditions optimales de sécurité mais également d’objectivité,
car le médecin évaluant l’état du malade ne savait pas s’il s’agissait
d’un patient traité ou non.
Au terme de cette étude, aucun effet du venin d’abeille n’a été observé en utilisant les méthodes scientifiques actuelles permettant d’évaluer son impact éventuel sur la fréquence et le volume des lésions actives à l’IRM ainsi que la progression des lésions non actives.
De même, aucun bénéfice n’a été mis en évidence sur le nombre des poussées, la fatigue, la progression
du handicap ou la qualité de vie. Cette étude, réalisée suivant des critères scientifiques
indiscutables, permet
donc de conclure que le venin d’abeille n’est d’aucune
utilité dans la SEP.
Il faut noter que des études chez l’animal, utilisant le modèle expérimental
de la SEP, avaient déjà abouti aux mêmes conclusions.
Posté le: 17 janvier 2007
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