L'intérêt des dosages anti-myéline n'est pas confirmé dans la S.E.P.
L’intérêt du dosage des anticorps anti-myéline n’est pas confirmé dans la SEP
Publié le 30/01/2007
Distinguer par un test simple parmi les sujets ayant présenté un premier épisode neurologique compatible avec une sclérose en plaques (SEP) ceux qui développeront effectivement la maladie de ceux chez qui ces troubles seront sans lendemain serait un progrès considérable en neurologie. Dans l’idéal, un tel test permettrait en effet de rassurer les patients ayant des résultats négatifs et éventuellement de proposer un traitement à ceux chez qui ils seraient positifs.
En 2003, une étude conduite par Berger et coll. avait paru montrer que le dosage des anticorps sériques dirigés contre la protéine MOG (myeline oligodendrocyte glycoprotein) et contre la protéine basique de la myéline (MBP) pourrait permettre cette évaluation pronostique.
Deux études publiées dans le même numéro du New England Journal of Medicine infirment ces résultats.
Dans la première, les taux d’IgG et d’IgM anti-MOG et anti-MBP ont été dosés rétrospectivement sur des échantillons de sérums avec le même protocole technique que Berger. Les 462 patients inclus dans ce travail avaient été recrutés dans un essai clinique sur l’intérêt d’une intervention thérapeutique précoce en cas de suspicion de SEP (premier symptôme compatible avec au moins deux lésions cliniquement silencieuses à l’IRM) (1).
Contrairement au travail de Berger, sur une période de 2 ans, aucune association n’a été retrouvée entre les taux d’anticorps anti-MOG et anti-MBP (IgM et IgG) et le risque de progression vers une SEP définie selon les critères de McDonald. Ces résultats négatifs ont été constatés pour tous les sous groupes de patients.
Dans une seconde étude (2), conduite en Espagne, aucune corrélation n’a également été mise en évidence entre l’évolution et le taux de ces anticorps sur une cohorte de 114 sujets ayant présenté un épisode clinique isolé compatible avec le diagnostic de SEP.
Si les différences entre les résultats de Berger et coll. et ceux de ces deux études récentes sont difficiles à expliquer, pour Jens Kuhle et coll. de Bâle, il est probable que le dosage des anticorps anti-MOG et anti-MBP n’a pas d’intérêt dans le diagnostic ou dans l’évaluation pronostique de la SEP.
Il faut peut-être cependant souligner que les dosages n’ont pas été accomplis aussi précocement après les premiers symptômes dans l’étude de Kuhle (55 jours de délai médian) que dans le travail de Berger (14 jours).
Dr Anastasia Roublev
Kuhle J et coll. : “ Lack of association between antimyelin antibodies and progression to multiple sclerosis.” N Engl J Med 2007 ; 356 : 371-8. Pelayo R et coll. : “Antimyelin antibodies with no progression to multiple sclerosis.” N Engl J Med 2007 ; 356 : 426-28.
Posté le: 5 février 2007
Page : 1


