Infos sur la Vaccination contre l'hépatite B et SEP!
Tourmentes judiciaires autour d’un lien non prouvé entre la vaccination contre l’hépatite B et la survenue d’affections neurologiques : une maladie chronique française
Publié le 22/03/2007
Paris, le jeudi 22 mars 2007 – Il faudra prendre son mal en patience : il n’est guère plus aucun évènement en ce printemps qui ne présente un lien direct ou indirect avec les prochaines élections présidentielles. C’est ainsi que sur le parvis du Conseil d’Etat, ce mardi 20 mars, la présidente de l’Association des victimes du vaccin hépatite B (REVAHB), Armelle Jeanpert, alors que la haute juridiction administrative venait de donner raison à une infirmière de l’hôpital de Sarreguemines qui affirme que sa sclérose en plaque est une conséquence de sa vaccination obligatoire contre l’hépatite B, en appelait, traditionnellement désormais, aux « candidats à l’élection présidentielle ». Armelle Jeanpert, dont l’association affirme avoir recueilli le témoignage de plus de 2 600 personnes souffrant d’un effet secondaire post vaccinal (et qui ne s’étonne guère que ces patients n’en aient pas parallèlement alerté l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, AFSSAPS), souhaite que les concurrents en piste pour l’Elysée « prennent conscience de l’injustice faite aux victimes et que soit mis en place un plan d’action cohérent d’indemnisation ». S’ils ne devaient retenir qu’un mot de l’intervention d’Armelle Jeanpert, sans doute les candidats à l’élection présidentielle auraient beau jeu de s’attarder sur celui de « cohérence ». Ce dossier, dont l’ancien ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, avait dénoncé en septembre 2004 le caractère apparemment « franco-français » a en effet été marqué depuis 1998 par une extrême cacophonie judiciaire, gouvernementale et scientifique, dont la plus grande perdante semble la lutte contre l’hépatite B.
Accident du travail
L’arrêt rendu ce mardi 20 mars par le Conseil d’Etat semble aujourd’hui le point d’orgue de cette confusion, qui promet de connaître de nouveaux épisodes. Depuis dix ans, l’infirmière Nadine Schwartz se bat pour obtenir de son employeur la reconnaissance que sa sclérose en plaques est bien liée à la vaccination obligatoire que lui a imposé son rôle au sein du centre hospitalier de Sarreguemines. Déboutée en première instance par le tribunal de Strasbourg en 2004, Nadine Schwartz a obtenu mardi du Conseil d’Etat que sa sclérose en plaque soit reconnue comme un accident du travail : par cette jurisprudence, la haute juridiction administrative établit un lien direct entre la vaccination contre l’hépatite B et l’affection dont est malheureusement victime l’infirmière. Ce lien, pourtant, ne semble jamais avoir pu être prouvé avec certitude et si des indemnisations ont bien été accordées en mai 2000 par le secrétariat d’Etat à la Santé à huit personnes souffrant de troubles neurologiques et dont la vaccination avait été qualifiée d’obligatoire, c’est au nom d’une logique totalement ubuesque.
Vaccination massive : la seule faute française ?
On se souvient en effet comment à l’époque, dans un même communiqué, le secrétariat d’Etat à la Santé réaffirmait que « les experts n’ont pu conclure jusqu’à présent quant à l’existence d’une association entre cette vaccination et la survenue d’une sclérose en plaques ou d’affections auto-immunes » et déclarait cependant qu’il accordait une indemnisation à huit soignants ayant développé une telle pathologie après une vaccination contre l’hépatite B. Après cette démonstration d’illogisme, la rumeur des procès a étouffé les voix des experts, telle celle du professeur Emile Aron qui en mai 2002 lançait un appel solennel : « N’hésitons pas à faire disparaître l’hépatite B » ou celle encore du professeur Bernard Bégaud en septembre 2004 qui assurait : « En vaccinant aussi massivement, il est normal qu’apparaissent des effets secondaires. Si on avait mieux vacciné en France, on n’aurait rien observé ».
Une politique de lutte contre l’hépatite B durablement fragilisée
La possible disparition en France de l’hépatite B a semblé cependant de nouveau terriblement compromise en septembre 2004 lorsque fut publiée avec fracas dans Neurology la première étude tendant à démontrer l’existence d’un lien entre la vaccination contre l’hépatite B et la survenue d’affections neurologiques. Cependant, après une vive inquiétude, l’AFSSAPS parvint à démontrer que cette étude, réalisée sur un très petit nombre de sujets et présentant de nombreux biais, ne permettait pas de « conclure à l’existence d’une association entre le vaccin et la survenue de maladies démyélinisantes ». L’affaire sembla conduire les responsables sanitaires à plus de logique : la vaccination des nourrissons était ainsi de nouveau recommandée en 2004. L’audace de cette prise de position ne se retrouva cependant pas deux ans plus tard dans le programme de lutte contre les hépatites B et C de Xavier Bertrand, qui s’appuyait principalement sur le dépistage, la prévention et la prise en charge. La vaccination était pour sa part passée sous silence.
Succès italien
Rappelons, selon notre habitude, qu’en Italie, pays dans lequel les campagnes de vaccination des nouveau-nés et des adolescents n’ont jamais été interrompues depuis 1991, une diminution de plus de 50 % du nombre d’hépatite B aiguë chez les sujets de 15 à 24 ans a pu être observée.
Posté le: 26 mars 2007
Page : 1


