COPAXONE 2 Avril 07
Acétate de glatiramère : double-t-on la dose ?
Publié le 02/04/2007
L’Acétate de glatiramère (Copaxone®) est un immunomodulateur indiqué dans le traitement de la sclérose en plaques (SEP) rémittente depuis 2002. Ce produit possède quelques particularités. C’est un mélange complexe de polypeptides de synthèse, de taille et de séquence aléatoires. Son mécanisme d’action le distingue des interférons β. En effet il modifie la répartition fonctionnelle des lymphocytes T en induisant la prolifération des lymphocytes de type Th2 producteurs de cytokines inflammatoires aux dépends des Th1. Les études « pivot » qui ont abouti à son AMM en France rapportent une diminution de 29 % de la fréquence des poussées et de 29 % du nombre moyen de lésions en IRM sous ce traitement.
Comme pour les interférons, de nombreux cliniciens se sont interrogés sur la possibilité d’augmenter l’efficacité de ce médicament en doublant la dose. Mais le risque de réaction post injection, peu gênant avec les doses de 20 mg, allait-il devenir plus préoccupant avec de plus fortes doses ? Une étude préliminaire vient d’être publiée dans Neurology montrant que la tolérance reste bonne avec une tendance à une plus grande efficacité.
Quatre-vingt-dix patients ont été inclus dans cette étude randomisée en double aveugle. Quarante-quatre présentaient une SEP rémittente (au moins une poussée dans l’année et de 1 à 15 lésions prenant le gadolinium) parmi lesquels 20 ont été traités par GA à 20 mg et 46 par GA à 40 mg. L’évaluation a été clinique à 3, 6 et 9 mois et radiologique à 3, 7, 8, 9 mois. La fréquence des réactions à l’injection a été plus importante dans le groupe 40 mg mais n’a été responsable d’effets indésirables graves (hospitalisation) ou d’arrêt de traitement que dans un cas. Dans 13 % des cas est apparue une labilité émotionnelle qui n’a pas été décrite dans le groupe 20 mg Le faible effectif n’a pas permis de mettre en évidence de manière significative un bénéfice clinique de la forte dose mais il existait une tendance positive à une diminution du nombre de poussées et des lésions en IRM. Par contre le bénéfice sur l’IRM devenait significatif à 3 mois Les auteurs de ce travail suggèrent que la forte dose permet notamment de diminuer le délai d’amélioration de l’activité IRM (3 à 6 mois) qui avait été noté dans les premières étude pivot. Ils concluent en considérant que cette interprétation devra être confirmée par d’autres travaux.
Dr Christian Geny
Cohen JA et coll. : ”Randomized, double-blind, dose comparison study of glatiramer acetate in relapsing –remitting MS.” Neurology 2007 ; 68 : 939–944
Posté le: 2 avril 2007
Page : 1


