Interféron
L’interféron bêta-1, dès le premier soupçon de SEP, pour retarder le développement de handicaps lourds ?
Publié le 14/08/2007
Plusieurs études ont montré qu’un traitement par interféron bêta retardait, chez les patients ayant un premier événement suspect de sclérose en plaques (SEP), l’évolution vers une SEP cliniquement confirmée, mais jusque-là sans étude contrôlée. L’étude BENEFIT (BEtaferon in Newly Emerging multiple sclerosis For Initial Treatment) a pallié ce manque et les résultats du suivi à long terme des patients, intéressant les effets du traitement précoce par interféron bêta-1b sur le handicap viennent d’être publiés.
L’étude BENEFIT, multicentrique, menée dans 98 centres de 20 pays, s’est déroulée en deux phases. La phase initiale, portant sur 468 patients avait évalué, chez 292 patients ayant un premier événement évocateur de SEP et au minimum deux lésions cliniquement silencieuses à l’IRM, en double aveugle contre placebo (176 patients), la sécurité, la tolérance et l’efficacité du traitement par interféron bêta-1b, administré par voie sous-cutanée un jour sur deux. Le traitement avait été débuté dans les 60 jours ayant suivi le premier événement suspect, et poursuivi jusqu’à deux ans ou jusqu’au diagnostic de SEP cliniquement confirmée.
La phase de suivi a évalué les effets à long terme, à trois ans, du traitement précoce par interféron bêta-1b, sur les atteintes invalidantes de la SEP en comparaison d’un traitement par interféron bêta-1b mis en œuvre plus tardivement, après le diagnostic de SEP cliniquement confirmée ou après deux ans dans l’étude.
Sur les 468 patients initialement soumis au tirage au sort, 418 (89 %) ont participé à la phase de suivi et 392 (84 %) ont participé aux trois années de suivi post-randomisation.
L’interféron bêta-1b a été administré par voie sous-cutanée, à raison de 250 µg un jour sur deux, avec une médiane de durée d’exposition à ce traitement de 1 080 jours dans le groupe traité précocement et de 364 jours dans le groupe traité plus tardivement.
Au terme de trois ans de suivi, 99 patients (37 %) des patients ayant été traités précocement par interféron bêta-1b ont développé une SEP cliniquement confirmée versus 85 patients (51 %) dans le groupe ayant reçu ce traitement plus tardivement. En comparaison du traitement plus tardif, le traitement précoce par interféron bêta-1b est apparu réduire, de façon significative, de 41 % le risque de SEP cliniquement confirmée (ratio de risque = 0,59 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,44 à 0,80 ; p = 0,0011), avec une réduction de 14 % du risque absolu.
L’évaluation de la progression du handicap, utilisant l’échelle EDSS (Expanded Disability Status Scale), montre une réduction de 40 % du risque d’aggravation dans le groupe précocement traité (ratio de risque=0,60 ; IC95 de 0,39 à 0,92 ; p = 0,022), en comparaison du groupe traité plus tardivement, avec une réduction du risque absolu de 8 %.
Ces résultats, portant sur un enjeu majeur, l’atteinte invalidante de la sclérose en plaques, révèlent un impact bénéfique du traitement par interféron bêta-1b, administré précocement, sur le handicap, avec préservation de ce bénéfice sur trois années.
Dr Julie Perrot
Posté le: 4 janvier 2008
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