Bilan à 5 ans du traitement de la Mitoxantrone
Sclérose en plaques : bilan à 5 ans du traitement pas mitoxantrone
Publié le 20/12/2007
Depuis 2000, le neurologue dispose de la mitoxantrone pour traiter les patients avec une sclérose en plaques (SEP) agressive. Trois études randomisées ont en effet montré que cette drogue, initialement employée en cancérologie, entraîne une diminution importante du nombre des poussées de SEP et de l’activité lésionnelle en IRM se traduisant par une réduction de la progression du handicap. En 2003, l’AFSAPS a également autorisé son utilisation dans les formes secondairement progressives. Dans le premier cas, la MTO est administrée mensuellement pendant 6 mois alors que dans la seconde indication, le patient est traité tous les trimestres. Cette substance très active a cependant deux inconvénients qui ont limité son usage, une cardiotoxicité et un pouvoir leucémogène.
L’équipe rennaise a été largement à l’origine de son emploi dans la SEP et possède une grande expérience de ce produit. Ils ont rapporté dans le Journal of neurology, neurosurgery, and psychiatry, les données du suivi de 100 patients atteints d’une forme agressive de SEP ayant bénéficié d’un traitement d’attaque par MTO pendant 6 mois suivi d’un traitement immunomodulateur ou immunosuppresseur d’entretien. Trois malades ont été victimes de complications cardiaques sévères avec une diminution de la fraction d’éjection systolique en dessous de 50 % (régressive dans un cas) et un patient a présenté une leucémie en rémission après 5 ans de suivi.
Comme attendu, l’effet sur les poussées a été remarquable (diminution de 91 % de la fréquence annuelle dans la première année avec réduction de 89 % de l’activité IRM). L’intérêt majeur de cette étude est de montrer que ce bénéfice perdure avec un traitement d’entretien (interféron, azathioprine, copolymère, méthotrexate) puisque le handicap (score EDSS) ne s’est pas aggravé et que le délai médian avant une nouvelle poussée a été de 2,8 ans. Les auteurs concluent à l’intérêt de ce protocole thérapeutique et insistent sur la nécessité d’une surveillance rigoureuse.
Dr Christian Geny
Le Page E et coll. : Mitoxantrone as induction treatment in aggressive relapsing remitting multiple sclerosis: treatment response factors in a 5 year follow-up observational study of 100 consecutive patients. J Neurol Neurosurg Psychiatry 2008;79:52–56
Posté le: 4 janvier 2008
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