Recherche sur la S.E.P.
La rechercheI – Une des voies d’approche explorée dans cette perspective est celle de la thérapie cellulaire, fondée sur des greffes de cellules. Les greffes cellulaires ont connu un essor considérable sur divers modèles animaux au cours des vingt dernières années. Ces greffes concernent des cellules différenciées (cellules de Schwann, oligodendrocytes, des cellules engainantes du bulbe olfactif). Les développements les plus impressionnants en thérapie cellulaire portent sur les cellules souches, qu’elles soient totipotentes comme les cellules souches embryonnaires, ou spécifiques d’un tissu comme les cellules souches «neurales » localisées dans certains sites du cerveau et de la moelle épinière. Il existe un nombre restreint de cellules souches dans les tissus périphériques adultes (muscle, peau, systèmes hématopoïétique), qui peuvent se différencier en cellules neurales. Ces dernières présentent, de par leur très grande plasticité et accessibilité, un intérêt évident pour la réparation du SNC lésé. Si le potentiel d’application thérapeutique des greffes de cellules souches est prometteur, de nombreuses questions restent néanmoins en suspens en vue de leur application thérapeutique pour les pathologies démyélinisantes. II – La seconde approche, envisagée plus récemment, consiste à stimuler le potentiel cellulaire endogène du SNC (capacité propre du SNC à produire les cellules déficientes). Cette approche nécessite une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires et cellulaires impliqués dans la remyélinisation. En particulier, il s’agit de comprendre quel est l’impact de l’environnement (matrice extracellulaire, facteurs de croissance, réponse inflammatoire) sur le processus de réparation et de rechercher si celui-ci varie en fonction de l’âge. La démarche implique également d’évaluer quel est le degré de contribution des cellules souches neurales (prolifération, mobilisation et spécification gliale) aux activités de réparation de la myéline et de préciser quels sont les mécanismes moléculaires régulant la signalisation entre les neurones et les cellules gliales. La communication, entre ces deux types de cellules, via des molécules d’adhésion ou la transmission d’influx nerveux, est en effet indispensable à l’initiation du processus de réparation. La compréhension de l’ensemble de ces phénomènes cellulaires et moléculaires de la remyélinisation du SNC devrait permettre de progresser dans la mise au point de stratégies thérapeutiques visant à promouvoir la réparation de la myéline. Anne Baron-Van Evercooren Unité Inserm (Affections de la myéline et des canaux ioniques musculaires).
Posté le: 30 décembre 2005
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