Nouvelle étude sur la Myéline.
Étude coopérative canadienne sur la régulation du gène de la myéline
Drs Peterson, Drouin, Hudson, Miller, Nagy
Chercheur principal
· Dr Alan Peterson, département d'oncologie, Université McGill et Hôpital Royal Victoria
Co-chercheurs
· Dr Régen Drouin, Faculté de médecine, Département de pathologie, Université Laval
· Dr Thomas Hudson, Faculté de médecine, Départements de médecine et de génétique humaine, Université McGill
· Dr Webb Miller, Département d'informatique, Université d'État de la Pennsylvanie
· Dr Andras Nagy, Faculté de médecine, Département de génétique moléculaire et médicale, Université de Toronto
1,5 million de dollars pour trois ans, accordés par la Fondation pour la recherche scientifique sur la SP
Dr Alan Peterson, de l'Université McGill, est le chercheur principal dans l'étude sur la régulation du gène de la myéline, visant à trouver les « commutateurs » qui enclenchent et stoppent la réparation du système nerveux central.
Le problème central dans la SP est la détérioration de la gaine de myéline qui protège les fibres nerveuses du système nerveux central et leur permet de transmettre les messages du cerveau, à la vitesse de l'éclair. Lorsque la myéline est altérée, les messages sont ralentis ou bloqués, entraînant les symptômes nombreux et variables de la SP. Les cinq labos étudieront sous divers angles le système de contrôle de la production de la myéline afin d'accélérer l'approfondissement des connaissances dans ce domaine.
Dans des travaux antérieurs subventionnés par la Société canadienne de la SP et le Conseil de recherches médicales du Canada, Dr Peterson a montré que le processus de maintien de la myéline différait de celui de la régénération de cette substance. Il a aussi découvert que le gène de la protéine basique de la myéline comportait des douzaines de « commutateurs » moléculaires interagissant à divers niveaux. L'identification des molécules concernées et leurs interactions devraient aboutir à des traitements permettant de lever ou d'abaisser le bon commutateur pour maintenir la myéline ou la réparer après une poussée de SP.
Titres des projets subventionnés :
· Rôle de la protéine quaking dans la transduction du signal et le métabolisme de l'ARN (acide ribonucléique)
· Le facteur ciliaire neurotrophique (CNTF) peut-il favoriser la remyélinisation ?
· Activation des cellules souches neurales endogènes adultes visant la production de nouveaux oligodendrocytes
· Signaux hedgehog (hérisson) dans le développement de la névrite optique
· Mécanismes d'extension des prolongements et de formation de la myéline
Stéphane Richard, Ph.D.
Institut Lady Davis, Hôpital Juif de Montréal
Rôle de la protéine quaking dans la transduction du signal et le métabolisme de l'ARN (acide ribonucléique)
233,250 $ (du 1er avril 1998 au 31 mars 2000)
Il existe un modèle murin de SP, appelé souris quaking. Ce nom lui a été donné parce qu'un gène défectueux provoque chez cette souris un tremblement qui se manifeste de 10 à 12 jours après sa naissance. Étonnamment, les chercheurs ont découvert que l'anomalie provient d'un gène produisant la famille de protéines Qk1. Ces protéines se lient à l'acide ribonucléique (ARN - messager du gène envoyé à la cellule pour l'inciter à produire une protéine) et peuvent porter des signaux affectant la production d'ARN.
Par cette recherche purement « fondamentale », Dr Richard vise à déterminer le rôle des protéines Qk1 et les effets de leur dysfonctionnement sur la myélinisation chez la souris quaking. Ce chercheur a déjà beaucoup travaillé sur les protéines Qk1 et espère en apprendre davantage sur le rôle de la Qk1 dans la maturation des oligodendrocytes. Dr Richard a aussi l'intention d'identifier les cibles ARN auxquelles la Qk1 se lie et d'étudier le rôle de la Qk1 dans l'apoptose (sorte de mort cellulaire programmée).
Bien que ces travaux soient loin d'un essai clinique, ils nous permettront de mieux comprendre la SP et pourraient même aboutir à l'élaboration de nouveaux médicaments capables de stimuler la remyélinisation chez les personnes atteintes de SP.
John Roder, M.D.
Centre hospitalier du Mont Sinaï, Toronto
Le facteur ciliaire neurotrophique (CNTF) peut-il favoriser la remyélinisation ?
60,000 $ (du 1er avril 1999 au 31 mars 2000)
Un certain degré de remyélinisation est observé dans la SP, sous la forme de « plaques d'ombre ». Malheureusement, le processus n'est jamais complété et la nouvelle myéline finit par être détruite par d'autres attaques du système immunitaire. L'étude des facteurs de stimulation ou d'inhibition de la remyélinisation pourrait permettre aux chercheurs d'en assurer l'achèvement.
Dr Roder a évalué l'efficacité d'un facteur de croissance, le facteur ciliaire neurotrophique (CNTF), comme moyen de prévenir une maladie animale apparentée à la SP. Ses travaux lui ont permis de découvrir que le CNTF contribuait quelque peu à stimuler la remyélinisation chez la souris présentant des lésions semblables à celles de la SP. Il a aussi constaté que la souris produisant une quantité excessive de CNTF constitue un milieu de culture privilégié pour les oligodendrocytes transplantés. Dr Roder est également en train de caractériser un facteur de propagation de l'influx nerveux, le glutamate. Des études ont montré que le glutamate pourrait empêcher une remyélinisation optimale et entraver le développement normal des oligodendrocytes. Il a créé une souris dont l'organisme ne peut interagir avec le glutamate et il évaluera la capacité de celle-ci à se rétablir après un épisode de démyélinisation.
Dr Roder et son équipe espèrent trouver des moyens d'allonger la vie des plaques d'ombre chez les personnes atteintes de SP.
Derek van der Kooy, Ph.D.
Université de Toronto
Activation des cellules souches neurales endogènes adultes visant la production de nouveaux oligodendrocytes
127,148 $ (du 1er avril 1999 au 31 mars 2001)
Dans la SP, les oligodendrocytes se détériorent et perdent leur capacité d'assurer la myélinisation complète des axones. Les techniques utilisées pour stimuler le développement de nouveaux oligodendrocytes pourraient aboutir à des traitements capables de régénérer la myéline chez les personnes atteintes de SP.
Dr van der Kooy étudie la possibilité de régénérer le tissu cérébral par l'entremise d'une population de cellules qui vivent normalement dans le système nerveux central. Certaines de ces cellules, dites cellules souches neurales, deviennent des oligodendrocytes (cellules qui fabriquent la myéline) lorsqu'elles sont stimulées par un facteur le croissance, le EGF. Ce chercheur a fait des progrès remarquables dans la caractérisation des cellules souches neurales chez la souris. Il a pu évaluer le nombre de ces cellules, présentes dans le cerveau. Fait intéressant, leur nombre ne semble pas diminuer avec l'âge de la souris. Les descendants les plus matures de ces cellules semblent avoir une durée de vie maximale de un mois. Plus récemment, Dr van der Kooy et son équipe ont découvert l'origine des cellules souches neurales dans le cerveau.
Ces chercheurs poursuivront leur travaux sur ces cellules, dans l'espoir de pouvoir un jour les utiliser pour produire de nouveaux oligodendrocytes qui pourraient contribuer à la remyélinisation des fibres nerveuses chez les personnes atteintes de sclérose en plaques.
Ce chercheur bénéficie d'une généreuse subvention des Marathon Striders against MS, participants au Marathon international canadien (Toronto).
Valerie Anne Wallace, Ph.D.
Institut de recherche de L'Hôpital d'Ottawa
Signaux hedgehog (hérisson) dans le développement de la névrite optique
140,490 $ (du 1er avril 2000 au 31 mars 2002)
Des interactions complexes entre les axones, les oligodendrocytes, les astrocytes et d'autres cellules de soutien surviennent au cours du développement des nerfs. En fait, certains signaux des axones peuvent favoriser le développement des astrocytes. Dre Wallace a récemment découvert une protéine, appelée Sonic hedgehog (hérisson), qui agit tout comme cet animal. Cette protéine émettrice de signaux s'associe aux axones et régule la division cellulaire de l'astrocyte dans le nerf optique en développement, chez la souris.
Dre Wallace étudie un aspect du développement nerveux, soit les interactions entre les axones et les astrocytes dans le nerf en développement chez la souris. Elle tentera de répondre à trois questions sur ces interactions cellulaires. Premièrement, la protéine Sonic hedgehog présente dans les nerfs des souris transgéniques provient-elle des axones ? Deuxièmement, comment cette protéine parvient-elle à descendre le long de l'axone pour atteindre son but ? Troisièmement, cette protéine agit-elle seule ou avec une autre molécule émettrice de signaux pour favoriser le développement de l'astrocyte ?
Il n'existe encore aucun traitement capable de réparer les lésions causées à la myéline par la SP. De meilleures connaissances sur le processus de développement normal des nerfs seraient utiles dans l'élaboration de méthodes de remyélinisation efficaces.
Voon Wee Yong, Ph.D.
Université de Calgary
Mécanismes d'extension des prolongements et de formation de la myéline
244,341 $ (du 1er avril 1998 au 31 mars 2001)
La formation de la gaine de myéline qui entoure l'axone dans le système nerveux central (SNC) dépend de la production de membranes longues et effilées qui se développent à partir des oligodendrocytes. Pour régénérer la myéline, suite aux lésions causées par la SP, on pourrait tenter d'amorcer la première étape de formation de cette substance, soit le développement des prolongements membraneux des oligodendrocytes.
Dr Yong poursuit ses travaux sur les mécanismes de développement des prolongements et le processus de formation de la myéline. Il tente d'identifier les molécules qui envoient des signaux aux oligodendrocytes pour leur signifier d'enclencher le processus de myélinisation. Jusqu'ici, il a mené une série d'études qui ont montré que l'enzyme MMP-9, la métalloprotéinase-9 matricielle, intervenait dans la première étape de formation de la myéline.
Le processus d'extension des prolongements des oligodendrocytes est essentiel au développement et au fonctionnement normaux des fibres nerveuses. Les travaux dans ce domaine pourraient mener à l'élaboration de nouveaux traitements à base de MMP-9 qui pourraient favoriser la remyélinisation et accélérer le rétablissement des personnes atteintes de SP.
Ce chercheur bénéficie d'une généreuse subvention de la CIBC.
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Posté le: 19 février 2006
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