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La sclérose en plaques.
Voir aussi : La sclérose en plaques : une maladie mystérieuse. Vivre avec la SEP. Les traitements. Voies de recherche.
Etat actuel des recherches :
Il n'existe pas, à ce jour, de traitement pouvant guérir la sclérose en plaques. Néanmoins, la recherche scientifique explore différentes pistes : la génétique, l'immunologie et la neurobiologie.
Recherches en génétique : le facteur de susceptibilité génétique
La sclérose en plaques n'est pas une maladie génétique au sens où on l'entend lorsque l'on parle par exemple de myopathie qui se transmet sur un mode génétique classique. Ce n'est pas une maladie héréditaire au sens strict. Cependant, il est vrai que nous avons remarqué qu'il existait des formes familiales qui permettent, grâce à des outils de biologie moléculaire (étude de l'ADN), de faciliter la recherche d'un facteur de susceptibilité à la maladie : l'association de ce facteur de susceptibilité (par exemple : une anomalie dans la synthèse de la myéline) et d'une agression du système nerveux pourrait déclencher le processus de la maladie.
Les formes familiales de sclérose en plaques représentent environ 15 % des cas. Le risque relatif de sclérose en plaques est augmenté de 20 à 40 fois chez les apparentés du premier degré de patients par rapport à la population générale. Pour les demi-frères ou demi-sours, le risque est significativement plus faible. Le risque de récurrence chez les enfants issus de couples de parents atteints simultanément de sclérose en plaques est 10 fois plus important que chez les enfants dont un seul des parents est atteint. Les études récentes ont démontré un degré de concordance plus élevé chez les jumeaux monozygotes, aux alentours de 25 % contre 6 % chez les jumeaux dizygotes.
Recherches en immunologie
On recherche toujours comment les lymphocytes franchissent les parois des vaisseaux du système nerveux pour l'envahir. On ignore encore quels lymphocytes (et/ou quels anticorps) sont spécifiquement impliqués dans le processus démyélinisant : pour certains cependant, inflammation et destruction de la myéline sont deux processus (deux "maladies") différents. Ceci expliquerait que bien que nous disposions d'anti-inflammatoires puissants (corticoïdes, interferon-béta...) nous n'arrivons pas à empêcher, à contrôler, la progression du handicap neurologique. Ceci étant, nous cherchons à bloquer chacun des acteurs du processus inflammatoire : l'interferon-béta est, en ce sens, la preuve qu'on peut y arriver.
Recherches en neurobiologie : la myéline
Nous connaissons de mieux en mieux la composition de la myéline ainsi que les cellules qui la synthétisent. Ces cellules, appelées oligodendrocytes vont proliférer durant la vie embryonnaire puis vont commencer à fabriquer de la myéline. Chez l'adulte, elles ont pour rôle le maintien de la gaine de myéline.
Dans la sclérose en plaques, nous ne savons pas encore si la démyélinisation est due à une attaque directe de la myéline ou de l'oligodendrocyte.
Contrairement à ce que nous pensions, il s'avère que spontanément, après une démyélinisation, les oligodendrocytes sont capables de refabriquer de la myéline. Malheureusement cette fabrication est trop faible et n'est pas suffisante pour que tout soit réparé : des recherches étudient les mécanismes de cette synthèse afin d'identifier une éventuelle anomalie de celle-ci chez les patients atteints de sclérose en plaques.
D'autres recherches sont engagées afin d'étudier quels sont les facteurs de croissance qui peuvent soit favoriser la multiplication de ces oligodendrocytes, soit les stimuler à faire davantage de myéline. Ces études sont réalisées soit in vivo chez l'animal, soit in vitro (cultures de cellules).
Toutes ces recherches, qui visent à favoriser une meilleure réparation de la myéline, sont extrêmement importantes avec des espoirs thérapeutiques que nous espérons tous très proches.
Pr Catherine Lubetzki et Dr Edmond Schuller, Neurologues à l'Hôpital de la Salpêtrière (Paris)
Dans les années 60, le Professeur François Lhermitte, soutenu par les Docteurs Jean Roux Delimal et Edmond Schuller, a décidé d'ouvrir le dossier de la Sclérose en Plaques devant l'opinion et les pouvoirs publics. L'appel ayant été entendu, l'Association pour la Recherche sur la Sclérose en Plaques (ARSEP) fut fondée le 5 mars 1969 dans le but d'apporter une aide financière privée aux chercheurs.
Posté le: 13 mars 2006
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